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Folles enfances: «Je ne voulais pas que ma mère avale de la Javel»

Fragment de visage de reine égyptienne (entre 1353 et 1336 av. J.-C.). | Metropolitan Museum of Art Collection

(5/5) L’enfance à l’ombre de la maladie psychique. Les enfants de personnes atteintes de trouble psychique sont nombreux, mais rarement pris en considération. Cinq adultes, âgés de 23 à 45 ans, sortent du silence pour raconter une maladie qui n’est pas la leur, mais qui a façonné leur quotidien. Des histoires magnifiques de résilience, mais qui signent aussi, parfois, d’inquiétants échecs de société. Florian, 37 ans, raconte l’enfer d’une enfance qui n’a pas existé à cause de la maladie de sa maman.

«Le jour de mes huit ans, fiasco. Ma mère a mis le feu à la cuisine, les pompiers ont dû intervenir. Aux fêtes de Noël, elle demandait aux invités de se peser avant d’entrer. Et je ne compte pas les fois où, à 12 ans, j’ai pris mon vélo et arpenté la ville, la peur au ventre, sans savoir dans quel état j’allais la retrouver.»

Les dégâts causés par la maladie mentale, Florian les connaît par cœur. Ils ont déchiré sa famille et l’ont propulsé dans le milieu complexe de la psychiatrie très jeune. Parce que la mère de Florian est malade. Au fil des années, elle s’est vu diagnostiquer, tour à tour, des troubles bipolaires, anxieux, dépressifs, paranoïaques et schizophréniques. Peu importe les termes: pour Florian, cette maladie c’est «un trou noir, une chape de plomb, ce qui a façonné ma vie».

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