Greffe de cœur porcin: un virus impliqué dans la mort du patient?

Des membres de l'équipe chirurgicale montrent le cœur de porc destiné à être greffé au patient, le vendredi 7 janvier 2022. | Keystone / AP / École de médecine de l'Université du Maryland, Mark Teske

C’est une énigme qui fait suer certains des meilleurs chirurgiens de la planète. En mars 2022, le premier patient au monde à avoir reçu un cœur de porc est décédé au centre médical de l’Université du Maryland, deux mois après la transplantation. Aucune cause évidente de mort n’avait alors été identifiée et une vaste investigation médicale mise sur pied. Un suspect tient désormais la corde: un cytomégalovirus porcin, identifié dans le cœur transplanté, révèle la MIT Technology Review.

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L’hypothèse. Ce virus porcin pourrait être impliqué dans la péjoration de l’état et le décès du patient, sa présence étant associée à des dommages importants en médecine de transplantation. Des données allemandes antérieures, récoltées chez des babouins, ont montré que les cœurs de porc transplantés infectés par un cytomégalovirus conduisaient à un décès prématuré.

Pourquoi ça compte. La procédure, historique, réalisée en janvier marque une étape cruciale et un «test majeur» en matière de xénotransplantation, souligne la MIT Technology Review. Comprendre les circonstances de ce décès — un casse-tête, car l’état de santé du patient était déjà fortement compromis avant la greffe — et les possibles erreurs commises est crucial pour permettre aux chercheurs et au monde de l’industrie de poursuivre leurs travaux.

En ce sens, si l’implication d’un virus porcin se confirme, ce ne serait pas une mauvaise nouvelle, puisqu’il est possible de prévenir les infections dans les populations de porcs transgéniques utilisées. Il est d’ailleurs étonnant que l’animal utilisé dans le cadre de cette procédure pionnière soit passé entre les mailles du filet. Pour la revue du MIT, la suite des recherches s’annoncent sous de bons auspices:

«La cause du décès de Bennett est importante, car si son cœur a défailli à la suite d'un rejet immunitaire, les chercheurs pourraient être contraints de revoir leur copie. Au lieu de cela, on s'attend maintenant à ce que des entreprises comme United Therapeutics et eGenesis, ou des universitaires travaillant avec elles, lancent des essais cliniques sur leurs propres organes de porc d'ici un an ou deux.»

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A lire dans la MIT Technology Review (EN)