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Genève: «Le canton a réussi l’exploit de mettre tous les médecins d’accord... contre lui»

Image d’illustration. Lors d’une manifestation en mars 2009 à Genève contre la baisse des tarifs des analyses de laboratoire. | Keystone / Salvatore Di Nolfi

Coup de tonnerre chez les médecins genevois. Le mois d’octobre 2022 devrait signer le retour de la clause du besoin dans le canton. Cet instrument vise à réguler le nombre de médecins qui fournissent des prestations ambulatoires à charge de l’assurance obligatoire des soins. S’ils n’ont pas obtenu leur titre de spécialiste avant cet automne, au moment de devenir indépendant, les nouveaux venus seront soumis à des quotas et devront patienter en liste d’attente, jusqu’à ce qu’un confrère libère une place dans la spécialité concernée. De quoi mettre la profession vent debout, en ville comme à l’hôpital.

Pourquoi c’est sensible. Genève bat des records de densité médicale… et de coûts de la santé. En régulant l’arrivée des nouveaux venus, le canton veut maîtriser les coûts et lutter contre les actes médicaux superflus. Le nouveau règlement, qui découle d’une modification de la LAMal, touche directement les jeunes médecins, mais aussi le fonctionnement de l’hôpital.

Pour le canton, l’urgence. Avec 420 médecins exerçant dans le domaine ambulatoire pour 100’000 habitants (2020) et une densité impressionnante de spécialistes, Genève compte bien plus de cabinets médicaux que n’importe quel autre canton suisse, la moyenne s’élevant à 234. Seul Bâle-Ville (444) fait plus, mais le nombre est trompeur, les médecins de ce canton couvrant une partie des besoins de santé des habitants de Bâle-Campagne et du Jura.

Pour Adrien Bron, directeur de la Direction générale de la santé à Genève (DGS), il y a urgence: la surreprésentation médicale induit un effort financier monstrueux pour les Genevois «du berceau à la tombe»:

«Le canton a les deuxièmes primes d’assurance-maladie les plus élevées de Suisse. Nous payons plus de trois milliards de charges de la LAMal chaque année dont 30% pour la médecine ambulatoire.

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