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Ces effets secondaires sont le signe que le vaccin fonctionne

Image d'illustration | Domaine public

Cet article a été publié une première fois en allemand par notre partenaire éditorial Higgs.ch.

Fatigue, douleurs musculaires, mal de tête, état grippal? Ce sont les effets secondaires du vaccin contre la Covid-19. Est-ce que c’est grave, docteur? On peut au contraire s’en réjouir: ces symptômes montrent que notre système immunitaire réagit au vaccin.

Où est le problème? Le terme d’«effets secondaires» est assez mal choisi. Car tous les symptômes indésirables rapportés après le vaccin ne sont pas à proprement des effets «secondaires», mais tout simplement les effets de la vaccination. Ce sont les réactions du système immunitaire qui apprend à reconnaître le virus. Plus particulièrement, c’est notre immunité innée qui est en cause.

Le système immunitaire force le corps au repos. Après la vaccination, notre corps commence à produire la protéine Spike du virus, celle qui se lie aux cellules de notre organisme, grâce à l’ARN messager que contient le vaccin. Aussitôt, notre système immunitaire inné commence à la combattre, comme il le fait face à tout pathogène étranger.

Cela implique une dépense d’énergie accrue – et donc une économie forcée de cette précieuse énergie par le repos. Pour nous forcer à réduire nos activités et à nous reposer, le système immunitaire a des arguments: fatigue, mal de tête, sommeil, et si vous voulez, un peu de douleurs musculaires. Le message qu’il nous délivre: va te coucher et laisse l’immunité faire son travail.

L’immunité adaptative entre alors en jeu. En arrière-plan, le système immunitaire adaptatif apprend à reconnaître la protéine Spike, et commence la production d’anticorps. En deux semaines, l’objectif est atteint et une protection conférée.

Une immunité innée plus réactive. La réaction de l’immunité innée explique vraisemblablement pourquoi les personnes jeunes tendent à avoir une réaction plus aiguë au vaccin que les plus âgés. Chez eux, le système immunitaire inné est encore plus actif.

Est-ce que cela pourrait aussi expliquer pourquoi deux tiers des effets indésirables reportés le sont par des femmes? Le système immunitaire inné des femmes est-il plus fort et réagit-il avec plus de violence ? Peut-être. Ou est-ce que les hommes considèrent que reporter des effets indésirables mineurs ne méritent pas d’être signalés? Possible aussi.

De très rares effets indésirables graves. Mais la vaccination contre la Covid peut aussi avoir des effets indésirables plus graves, mais aussi beaucoup plus rares. Ceux-ci doivent être signalés aux autorités, conformément à la loi sur les produits thérapeutiques. Il peut s’agir d'effets indésirables graves inconnus jusqu'alors, ou encore d'effets indésirables qui ne sont pas suffisamment détaillés dans les notices du médicament en question.

Par «graves», on entend les effets secondaires qui mettent la vie en danger, entraînent une hospitalisation causent des dommages graves ou permanents, voire un décès. D’après le bulletin actuel de Swissmedic, l’agence suisse du médicament, les chiffres au 18 juin 2021 étaient les suivants:

  • 6,4 millions de vaccinations,

  • 2944 signalements d’effets secondaires indésirables,

  • Dont 35% ont considérés comme grave. Ils concernent, par exemple, des cas graves de zona.

  • Il y a eu aussi 97 décès, avec un âge moyen de 81 ans. La majorité avait des antécédents de maladie grave.

  • La causalité entre la vaccination et les effets secondaires doit encore être clarifiée pour chacun de ces cas.

Le rôle des signalements. Le but n’est pas pour Swissmedic, de tenir des statistiques: 2944 signalements pour 6,4 millions de doses de vaccin n’est pas un nombre assez significatif. Mais ils peuvent servir à mettre en lumière des effets secondaires graves très rares, et jusqu’ici inconnus.

Un exemple: après l’injection de la première dose du vaccin de Pfizer, on a constaté au Royaume-Uni quelques cas rares de choc anaphylactique – une réaction allergique potentiellement létale. Depuis, les centres de vaccination y sont attentifs, et ont intégré dans leur protocole un temps d’observation et de repos d’un quart d’heure après l’injection. Ainsi, en cas de choc anaphylactique, un traitement d’urgence peut être fourni, sous la forme d’une injection d’adrénaline.

De tels effets secondaires doivent être observés de près.

Relativiser les effets mineurs. Muscles douloureux, mal de tête, courbatures… A quel point ces effets sont-ils graves? Moi-même, je me suis retrouvé après la deuxième dose complètement à plat pendant une bonne journée, avec des symptômes de grippe. Mais je le considère comme un effet négligeable. Un peu de douleur au point d’injection? Combien de temps une piqûre d’abeille est douloureuse? Combien de temps gratte une piqûre de moustique? Combien de temps a-t-on des courbatures après une longue randonnée ? Et à quelle fréquence a-t-on mal au crâne après un peu trop d’alcool ou trop peu de caféine?

Il n’est d’ailleurs pas recommandé de traiter trop tôt ces douleurs après la vaccination. Car le paracétamol pourrait gêner la production d’anticorps et ainsi affaiblir la protection vaccinale, d’après le Deutsche Ärzteblatt. Mais qu’est-ce qui aide, alors ? Le repos. Et soyez heureux que votre système immunitaire réagisse si vite.

Signaler des effets indésirables de la vaccination. Si vous souffrez d'effets indésirables après la vaccination, le plus efficace est de contacter l'organisme de vaccination, cabinets médicaux et centres de vaccination, à l'origine de la majorité des signalements à Swissmedic. Les personnes privées qui souhaitent signaler des effets indésirables peuvent également le faire ici.

Traduit et adapté de l’allemand par Dorothée Fraleux et Sarah Sermondadaz