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Droit de réponse de Jean-Dominique Michel concernant la gravité de l'épidémie de Covid-19

Nous avons publié le 13 mai 2020 une réponse à une question de lecteur qui nous demandait ce que nous pensions des interventions de M. Jean-Dominique Michel sur l'épidémie de Covid-19. Notre journaliste y exposait ses doutes sur la cohérence et la validité de l'argumentaire déployé par le Genevois sur son blog et dans ses vidéos. Le 13 juillet 2020, Jean-Dominique Michel nous a adressé ce droit de réponse, que nous publions tel quel.

«Je suis heureux qu’Heidi news, sous la plume de M. Yves Pandelé, démontre par l’article qu’il me consacre qu’un débat d’idées est encore possible dans notre pays.

J’ai souligné abondamment comment et pourquoi je m’étais lancé à produire des articles sur le Covid bien que je ne sois ni médecin, ni infectiologue, ni épidémiologiste des maladies transmissibles : une épidémie n’est pas réductible à un phénomène médical.

La médecine joue bien sûr un rôle central dans les réponses à apporter, mais elle a en l’occurrence glissé (ou a été mise) dans une position autocratique qui n’aura pas été bonne, ni pour elle, ni pour la qualité des décisions publiques.

Ma motivation à publier des perspectives provenait à l’origine de ma préoccupation d’entendre martelés des chiffres qui étaient simplement faux et qui ne pouvaient que l’être. Le lecteur se souviendra par exemple de ce temps pas si lointain où l’OMS et diverses autorités sensément responsables énonçaient par exemple que 15% des personnes infectées par le Covid finissaient en état critique aux soins intensifs et que la létalité du coronavirus était de 3,5%,

Ces données (sans même parler des projections délirantes de l’Imperial College et de l’EPFL) étaient épidémiologiquement hallucinantes et répandaient leur traînée de terreur dans la population alors -à nouveau- qu’elles ne pouvaient qu’être très fausses. Je l’ai expliqué : étant un spécialiste de l’épidémiologie des maladies non-transmissibles, je me suis tourné vers ceux que je considère comme les meilleurs dans leur domaine (citons les Prs Gotzsche, Ioannidis, Giesecke et Darlix parmi de nombreux autres). Dont aucun média romand ne partageait les analyses, alors que l’évaluation qu’ils portaient sur l’ampleur et la gravité de l’épidémie n’avaient rien à voir avec le discours « officiel ».

Le 18 mars, j’avais déjà écrit que nous étions dans un paradoxe compliqué entre la très grande innocuité du coronavirus pour l'immense majorité des gens et sa dangerosité extrême dans certains cas qui rendait l’épidémie difficile à penser.

M. Pandelé a manifestement peiné à appréhender ce paradoxe naturel, qu'il a vu comme une contradiction dans mon discours. Alors que la seule position responsable face à l'épidémie et la seule communication cohérente aurait consisté à penser et à dire ce paradoxe.

Faire croire que tout le monde était en grave danger alors que le risque face à la Covid des personnes de moins de 60 ans et en bonne santé était infime me paraissait et me paraît encore irresponsable. Sans oublier des contre-exemples somptueux comme cette dame de 106 ans à Genève qui s’est remise du Covid dans son EMS !

La panique que nous avons générée aura été une conséquence grave de cette inaptitude à communiquer clairement et honnêtement. Avec des effets délétères prévisibles à long terme sur la santé publique extrêmement inquiétants.

Il y a eu en Suisse romande un empêchement -ni plus ni moins- du débat d’idées, avec des médias alignés sur la position des autorités et veillant à exclure toutes les voix divergentes, même celles provenant des meilleurs spécialistes dans leur domaine. Ce n’est pas ma prétention, je me suis contenté de faire honnêtement mon travail de recherche et de transmission des données et recherches qui me paraissaient pertinentes.»

Jean-Dominique Michel



Note de la rédaction

  • L’auteur de notre article du 13 mai 2020, journaliste santé au sein de la rédaction, se nomme Yvan Pandelé — et non Yves Pandelé.

  • Dans le rapport produit par sa mission en Chine et rendu public le 28 février 2020, l’OMS indique, sur la base des données chinoises, que 6% des cas Covid-19 confirmés en laboratoire étaient des cas critiques — et non 15% des cas infectés.

  • Le 3 mars 2020, le directeur général de l’OMS évoquait en conférence de presse un taux de létalité dans le monde de 3,4% des cas Covid-19 «rapportés» — et non 3,5% des personnes infectées.

Pour un point de vue argumenté concernant les thèses de Jean-Dominique Michel, nous renvoyons nos lecteurs à notre article initial sur le sujet.