Discuter de son cancer du sein avec une intelligence artificielle

L'IA conversationnelle se présente sous la forme d'un contact virtuel avec qui le patient peut communiquer via son smartphone. | Pixabay / Chatbot

Une startup française a développé une IA conversationnelle – ou «chatbot» – destiné à informer les patientes atteintes d’un cancer du sein. Cet assistant virtuel fournit des informations sur la maladie, renvoie au besoin vers des sites utiles, peut rappeler les rendez-vous médicaux et les horaires de prise de médicaments. Baptisé Vik, il a donné lieu à un essai clinique dans plusieurs hôpitaux français, dont les premiers résultats ont été publiés en novembre dans le Journal of Medical Internet Resarch. À l’aveugle, les 143 participantes ont jugé les réponses de l’IA aussi utiles que celles fournies par un trio de cancérologues, sur une sélection des questions les plus fréquemment posées.

Pourquoi on s’interroge. Après avoir essayé une version de démonstration du chatbot, on ne peut pas dire qu’on soit séduit par l’expérience. Les interactions sont sommaires, les informations peu personnalisées. Pour peu qu’on se signale comme un proche, on a accès à des données de survie (moins de 25% pour les cancers du sein métastatiques) abruptes et peu éclairantes hors contexte. Mais ce type d’IA bénéficie d’un tel engouement qu’il serait étonnant que les services de cancérologie s’en passent encore longtemps. À charge sans doute pour les hôpitaux de les encadrer pour en faire des outils complémentaires, sans perdre de vue que les échanges humains sont – du point de vue des patients comme des professionnels – irremplaçables.

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