Des Zurichois réussissent à traiter un foie endommagé, ex vivo, avant de le transplanter

Le chirurgien, le Pr Pierre-Alain Clavien, et le patient à sa sortie de l'hôpital après la greffe réussie.| Courtoisie UZH

Et une bougie de soufflée. Il y a un an, une équipe de l’hôpital universitaire de Zurich transplantait un foie, pas comme les autres, à un patient de 61 ans atteint d’un cancer. Aujourd’hui, son histoire fait l’objet d’une publication dans Nature Biotechnology. Ce qui intéresse, c’est moins la trajectoire de ce patient que celle de son nouveau foie.

Prélevé chez un donneur décédé, l’organe était de trop mauvaise qualité pour intégrer un programme de don. Les chercheurs, du projet «Liver4Life», ont réussi à le traiter grâce à une machine de perfusion ex vivo, conçue par leur soin. Le foie y est resté trois jours. Une prouesse sachant que le temps d’ischémie maximal toléré par le foie, avec un stockage réfrigéré traditionnel, est seulement de douze heures.

Mieux que la science-fiction. Cette première mondiale, relatée par le Tages Anzeiger, fascine tant la technologie est poussée. Le foie a été placé dans un appareil reproduisant son environnement dans l’organisme, avec une pompe et un oxygénateur en guise de cœur et de poumons, une unité de dialyse en guise de reins et même une machine reproduisant le rythme de la respiration en guise de diaphragme. Sans compter les hormones et nutriments administrés en lieu et place de ceux produits par l'intestin et le pancréas. Enfin, les médecins ont traité le foie avec une thérapie antimicrobienne qui a permis de soigner son infection. Ils ont également pu retirer la tumeur qui rendait le foie non transplantable.

Pourquoi c’est passionnant. La perfusion des organes par machine ex vivo occupe les chercheurs depuis des années. L’ambition est plurielle, ces technologies permettant non seulement d’évaluer les organes prélevés et de les conserver plus longtemps, mais aussi de traiter des organes qui, sans cela, ne pourraient être transplantés. Si ces machines sont couramment utilisées pour le don de rein en Suisse — une dizaine de machines de perfusion existe dans le pays pour les reins —, la pratique est encore moins aboutie concernant le foie et le cœur. En ce sens, les recherches zurichoises ouvrent de nouveaux horizons.

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Lire dans le Tages Anzeiger (DE)