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La désertion des urgences due à Covid-19 entraînera-t-elle une hausse des décès?

Nombre de patients accueillis aux urgences de l'Inselspital en mars 2019 et 2020. | Swiss Med Wkly. 2020;150:w20331 / Hautz Wolf, Sauter Thomas, Exadaktylos Aristomenis, Krummrey Gerta, Schauber Stefanb, Müller Martina

Une étude menée à l’hôpital universitaire de Berne, l’Inselspital, et publiée cette semaine dans la revue Swiss Medical Weekly, montre que la fréquentation des urgences a nettement diminué durant le pic épidémique de ce printemps. La dernière quinzaine du mois de mars, le nombre de consultations aux urgences a ainsi chuté de 42,5% par rapport à la même période de 2019 dans l’établissement bernois. Les chercheurs associent ces résultats à la réduction de la pratique des activités entraînant un traumatisme, une autogestion des soins chez les patients qui présentaient des blessures mineures, mais également au fait que, par peur de contamination, les patients n’aient pas du tout, ou plus tardivement, été se faire soigner.

Pourquoi c’est inquiétant. En avril déjà, le chef du service de cardiologie du CHUV, Olivier Muller, s’inquiétait sur la RTS de la diminution de plus de 30% du nombre d’admissions pour des cas d’infarctus au CHUV. Aujourd’hui, les données de l’Inselspital montre que cette réticence des patients à faire appel aux services de santé à temps peut conduire à une hausse de la mortalité et de la morbidité. Le nombre de décès (non-liés au Covid-19) aux urgences de l’établissement bernois a, en effet, plus que doublé au mois de mars 2020, par rapport au mois de mars 2019. En cause: des patients se présentant dans des états plus graves qu’à l’ordinaire.

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