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Communication en santé publique: «La prévention par la peur est un échec»

A la 22e Conférence internationale sur le sida 2018 au Convention Center d'Amsterdam, en juillet 2018. | Keystone / EPA / Robin van Lonkhuijsen

Comment réussir une campagne d'information en santé publique? Florent Jouinot assure la coordination romande de l’Aide Suisse contre le Sida. La Semaine nationale de la vaccination contre Covid-19 est l'occasion de revenir sur les enseignements à tirer des dizaines d’années de campagnes de sensibilisation et prévention du VIH.

Heidi.news — S’agissant du Covid-19, la communication des autorités génère une certaine méfiance. Obtenir la confiance de la population était-il déjà un enjeu il y a quarante ans pour le VIH?

Florent Jouinot — La période où l’épidémie de VIH a émergé dans les années 1980 est concomitante de la période durant laquelle les communautés homosexuelles ont obtenu une certaine reconnaissance et sont devenues, juridiquement parlant, moins discriminées. Quand les autorités sanitaires ont commencé à véhiculer des messages de santé sexuelle, ils ont d’abord été perçus de manière négative par les communautés concernées.

Les campagnes de sensibilisation et de prévention étaient perçues comme un moyen détourné de contrôler l’homosexualité et de s’immiscer dans l’intime pour restreindre des libertés nouvellement acquises, auxquelles les communautés gays ne pouvaient tout simplement pas renoncer. La santé publique a donc déjà été perçue comme un moyen pour avoir la mainmise sur une population.

Vous êtes responsable des campagnes de prévention du VIH en Suisse romande, quel est le secret pour réussir à communiquer et vaincre cette défiance?

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