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Comment s'organisent les dépistages massifs du professeur Raoult à Marseille?

Devant l'Institut Hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée à Marseille. Photos: Jan-Cyril Salemi pour Heidi.news

Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, l'Institut Hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée à Marseille, dirigé par le professeur Raoult à Marseille, a opté pour un dépistage précoce et massif en s’engageant à tester toute personne se présentant avec de la fièvre. Pour quelle efficacité? Reportage.

Pourquoi on vous en parle. Le nom du Pr Raoult est désormais indissociable de la polémique autour de l’intérêt thérapeutique de la chloroquine (ou ses dérivés), en association ou non avec un antibiotique, pour traiter le Covid-19. Ses travaux ont été critiqués par une partie de la communauté scientifique internationale. Les pratiques de dépistage de l’IHU de Marseille vont à rebours de la politique menée en France, où les tests ont été pratiqués en priorité sur les cas symptomatiques graves. Mais le dépistage massif voire systématique pourrait pourtant être l'une des clés du déconfinement.

Le personnage. Didier Raoult, 68 ans, est un personnage atypique et paradoxal. A la tête de l'IHU, créé en 2011, il est un infectiologue reconnu, auteur de nombreux travaux de recherche. Sur le Covid-19, il a mis au point un traitement, associant hydroxychloroquine et azithromycine. Il assure qu'il est d'une grande efficacité s'il est pris dès que l'infection se déclare, d'où l'utilité selon lui de généraliser le dépistage. Ce serait pour lui la meilleure façon d'éviter le confinement total.

La controverse. Cette méthode, les coûts qu'elle engendre, et surtout les faibles preuves de l’efficacité du traitement sont toutefois contestés en raison d'un manque de recul scientifique. Dans ce contexte de crise et d'incertitude, le Professeur Raoult a acquis une aura digne d'un messie pour ses soutiens. Ses détracteurs voient en lui un charlatan. Lui joue de cette double image, adore passer pour celui qui détient la vérité et que le système brime. Il est pourtant très proche des cercles de pouvoir. La droite locale ne tarit pas de louanges à son égard, et le 9 avril, le président Macron s'est entretenu pendant plus de 3 heures avec lui dans les locaux de l'IHU. Pour les Marseillais qui viennent en nombre se faire tester, peu importent les polémiques. «On lui fait confiance», glisse-t-on dans la file d'attente.

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