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Cerf, bison, bœuf de Kobe, la viande artificielle parie sur le luxe

De gauche à droite les trois co-fondateurs d'Orbillion Bio: Gabriel Levesque-Tremblay, CTO, Patricia Bubner, CEO et Samet Yildirim, COO | orbillion.com

Fondée par une Autrichienne, un Turc et un Canadien et logée par le consulat scientifique suisse Swissnex de San Francisco, Orbillion Bio suit une stratégie inspirée par celle de Tesla pour imposer une innovation radicale: la viande produite en laboratoire par culture cellulaire. Depuis la présentation en 2013 par Mark Post, un professeur de l’Université de Maastricht, du premier burger de viande cultivée, ce domaine qui compte des dizaines de start-up tâtonne pour trouver la recette qui convaincra les consommateurs. Comme l’avait fait Tesla avec son premier Model S, Orbillion mise sur le haut de gamme avec des viandes artificielles de cerf, de bison et de bœuf de Kobe.

Pourquoi c’est astucieux. Après un buzz intense, la viande artificielle se heurte à la réalité du marché. Les arguments affirmant que cette viande cultivée en laboratoire est de nature à éviter certaines cruautés de l’élevage et à diminuer les émissions de gaz à effet de serre ne suffisent pas ou ont été tempérés. Surtout, ce mode de production est en l’état plus cher que celui de la viande obtenue dans les élevages de masse. Financé par l’incubateur helvético-américain DartLabs et passé par l’accélérateur Y Combinator, Orbillion Bio attaque ce marché par le haut de gamme et la rareté en espérant l’élargir ensuite grâce aux économies d’échelle.

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