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Bienvenue au royaume de la «pipiculture»

L'Aurin, engrais suisse, produit à base d'urine recyclée. | Vuna

La méthode développée par une start-up de l’EPFZ, afin de collecter et traiter les urines, pourrait assurer l’autarcie à la Suisse en matière d’engrais. Démonstration à Lullier, dans la campagne genevoise.

Pourquoi on y est allé. Il a la curiosité des entrepreneurs et l’enthousiasme communicatif, Jean-Marc Vuillod. A l’origine pourtant, il est maraîcher et forme des apprentis au Centre de formation professionnelle nature et environnement de Lullier (CFPNE): «Mon job, c’est nourrir les gens, mais les questions d’autarcie alimentaire et de durabilité m’intéressent depuis toujours». On devait déjà à Jean-Marc un projet pionnier de cultures de morilles sous serre, qui offre désormais chaque printemps sa récolte de chapeaux coniques au parfum intense, plus ou moins abondante.

Il nous fait visiter, ce jour, un autre coin de son royaume d’une quarantaine d’hectares dans la campagne genevoise. Un peu caché, celui-ci, et a priori moins délicat, quoique.

Sous le panneau «Toilettes», il a installé une énorme cuve plastique, reliée à une non moins énorme pissotière:

«Pour l’instant, on n’a que le modèle destiné aux garçons, mis à disposition par un ami qui travaille dans l’événementiel et les festivals pour nos essais. Mais comme on a lancé les essais début 2020, soit juste avant le covid, la pandémie a tout compliqué…»

Le projet de Jean-Marc Vuillod. En lisant une revue spécialisée, il découvre l’existence de Vuna, une des plus prometteuses start-up suisses, installée en région zurichoise, dans le giron de l’EPFZ. Vuna signifie «récolte» en zoulou, car c’est à Durban, en Afrique du Sud, qu’a été développé son système de traitement de l’urine.

On pourrait reprendre ici à ce point précis un des chapitres de l’exploration menée pour Heidi.news par Arnaud Robert autour de la «Révolution des toilettes», en passant du stade expérimental aux premières réalisations.

Les essais menés à Lullier visent en effet à recueillir l’urine des étudiants et des usagers pour la recycler grâce à la technologie de Vuna et son installation mobile et utiliser le résultat – un engrais 100% naturel joliment baptisé Aurin – dans les cultures. «Une cuve de 1000 litres devrait donner après traitement quelque 70 litres d’engrais, explique Jean-Marc Vuillod. On avait prévu de faire des démonstrations pendant les journées portes ouvertes, qui entre-temps ont été annulées pour cause de pandémie».

Bastian Etter, ingénieur issu de l’EPFL et directeur de Vuna depuis 2016 souligne:

«Jean-Marc a été un des premiers à utiliser notre engrais ces dernières années. Un vrai pionnier.»

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