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Berne se prépare à un rebond épidémique pour l'automne

Alain Berset, le 11 juin à Berne. | Keystone / Anthony Anex

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Une recrudescence de l’épidémie à l’automne est envisageable et le Conseil fédéral a décidé de s’y préparer. C’est ce qu’à en substance annoncé Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé, ce mercredi 30 juin. L’hypothèse des autorités est que «le virus deviendra endémique à long terme».

Pourquoi c’est probable. Le virus continuera à circuler et la population entrera en contact avec le Sars-CoV-2 d’une manière ou d’une autre: en étant contaminée ou en étant vaccinée. Un rapport a été établi pour définir trois scénarios pour l’automne et l’hiver:

  • le nombre d’infections demeure bas,

  • hausse significative,

  • apparition de variants problématiques.

Ces trois hypothèses permettent à la Confédération d’établir des priorités dans sa réponse: «détection rapide des variants qui suscitent des inquiétudes, poursuite de la campagne de vaccination et moyens de garantir des capacités suffisantes pour le dépistage et le traçage des contacts dans les cantons».

Les scénarios. Alain Berset a expliqué pourquoi la Confédération désirait travailler sur plusieurs hypothèses:

«Les trois scénarios sur lesquels nous travaillons pour ces prochains mois sont: optimiste, médian, pessimiste.

Nous estimons que l’hypothèse la plus probable est la seconde, soit une augmentation du nombre d’infections cet automne. Notre objectif reste d’éviter la surcharge des hôpitaux et aussi, grâce à la vaccination et au certificat Covid, de ne pas devoir refermer d’activités.»

Face aux incertitudes accentuées par la circulation du variant Delta, qui «deviendra dominant en Suisse» estime le ministre, il est nécessaire de se préparer. Les stratégies privilégiées sont les suivantes:

  • Si le nombre d’infections demeure bas, avec foyers possibles, mais n’entraîne pas de charge importante pour le système de santé, les mesures sanitaires encore en place pourront être levées. Ce scénario implique que, pour la Confédération: «la crise liée à la pandémie sera terminée».

  • Si une augmentation du nombre d’infections est constatée en automne ou en hiver, cela peut représenter une charge importante pour le système de santé. Dans ce cas, le maintien des mesures encore en vigueur voire la réintroduction de mesures plus sévères s’avérera nécessaire. Les causes qui pourraient mener à un rebond épidémique sont, selon la Confédération, l’effet de la levée des mesures, les effets saisonniers, l’apparition de nouveaux variants plus infectieux et une proportion de personnes non vaccinées contre Covid. Le Conseil fédéral estime que ce scénario dit médian est le plus probable.

  • Si un ou plusieurs variants apparaissent et mettent à mal l’effet protecteur des vaccins ou de l’immunité acquise grâce à une guérison, une nouvelle vague est possible. Cela nécessitera une intervention forte de la part des pouvoirs publics.

Les défis à relever. Entre l’optimisme et le pessimisme, Alain Berset penche pour la voie du milieu et l’augmentation du nombre de «cas» avec surcharge hospitalière possible. Les mesures prévues pour faire face à ce scénario sont les suivantes:

  • Les variants inquiétants. Il s’agit de les détecter rapidement pour pouvoir en limiter la propagation grâce à des mesures ciblées. Le Département fédéral de l’intérieur (DFI) est chargé dès ce 30 juin de «renforcer le système de surveillance permettant de détecter les nouveaux variants et de suivre leur propagation en Suisse, et de le faire en collaboration avec les services fédéraux concernés et les cantons».

  • La vaccination. La Confédération estime qu’une vaccination à large échelle permettra de préserver le système de santé du pays. Alain Berset l’a rappelé: «Une éventuelle résurgence du virus en automne dépendra largement de la proportion de personnes vaccinées». Les autorités vont donc poursuivre leurs efforts de communication autour de la vaccination, préparer un éventuel rappel de vaccin contre Covid et adapter les sérum aux nouveaux variants.

  • Le dépistage. Là aussi, les efforts vont être poursuivis pour que les personnes présentant des symptômes puissent se faire tester rapidement. Mais dès l’entrée en vigueur de la phase de normalisation, prévue pour la mi-août, le dépistage préventif sera supprimé sauf dans les écoles. Le but est d’éviter une flambée d’infections dans les écoles.

  • Le traçage. Il continuera pour pouvoir détecter rapidement les contaminations et, le cas échéant, isoler les personnes concernées. Cette stratégie sera suivie avec beaucoup d’attention. Les cellules TTIQ (test, traçage, isolement, quarantaine) des cantons doivent donc être maintenues et si elles sont suspendues, doivent pouvoir être réactivées rapidement en cas de flambée.

  • Les hôpitaux. Les cantons doivent pouvoir garantir les ressources nécessaires à une éventuelle hausse des malades Covid dans leurs services.

La fin de l’épidémie? La fin de l’épidémie n’est pas encore à l’ordre du jour. C’est plutôt au retour du Covid que le pays se prépare pour l’automne et l’hiver. Dans ces conditions, le Conseil fédéral ne souhaite pas encore en finir avec la situation particulière qui prévaut actuellement. Il a néanmoins clarifié le moment où ce sera possible:

«Celle-ci se terminera lorsque la situation sanitaire mondiale liée au Sars-CoV-2 ne constituera plus un danger et que la santé publique du pays ne sera plus menacée.»