Anthony Fauci, le «M. Coronavirus» américain, revient sur sa rude année auprès de Trump

Anthony Fauci lors de sa première conférence de presse avec la nouvelle équipe aux manettes à la Maison-Blanche, le 21 janvier à Washington. | Keystone / AP Photo / Alex Brandon

«Un sentiment libérateur.» C’est ainsi qu’Anthony Fauci, le directeur des National Institute of Allergy and Infectious Diseases (Niaid) et un des experts américains les plus renommés sur la gestion des maladies infectieuses, décrit son état d’esprit dans sa première conférence de presse post-Trump. L’immunologiste de 80 ans, qui conseille la Maison-Blanche depuis l’époque de Reagan, revient dans un entretien exclusif au New York Times sur la période surréaliste qui vient de s’achever. Mis en porte-à-faux par certains conseillers de Trump et menacé de mort, le directeur des Niaid vit sous protection policière depuis fin mars 2020. Quant au bilan sanitaire américain, il est catastrophique, avec plus de 400'000 décès et une épidémie loin d’être sous contrôle.

Ce qu’on y apprend. Non sans humour, Tony Fauci se qualifie de «rabat-joie de service» («skunk at the picnic» en version originale) au sein de l’équipe Trump. Il dépeint un président immature et adepte de pensée magique, auprès de qui la voix d’un scientifique pèse moins que celle de n’importe quel autre conseiller plus enjôleur. L’influence de certains contacts en provenance des milieux économiques, sur un sujet comme les traitements contre Covid-19, semble avoir particulièrement inquiété l’immunologiste. Mais au-delà de ce dialogue de sourds, Fauci décrit aussi des relations plutôt courtoises avec l’ex-locataire de la Maison-Blanche et s’abstient, sur la base de leurs échanges, de lui prêter des motivations purement vénales ou électoralistes.

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A lire dans le New York Times (EN)