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Alain Berset: «Pourquoi devrais-je démissionner?»

Alain Berset, dans la cour intérieure du Département fédéral de l'intérieur. | Keystone / Alessandro della Valle

Alain Berset se fait attendre, une séance avec son collègue Ueli Maurer le retient. A peine installé pour l’interview, il plonge dans le vif du sujet. Le ministre de la santé a le sourire. Sa si chère lumière au bout du tunnel est enfin là, à portée de regard. Elle inonde la pièce. La satisfaction du ministre de la santé est palpable. Les perspectives sont bonnes: la vaccination avance, l’épidémie recule et ne menace plus le système de santé. L’été s’annonce radieux.

Mais il reste encore des sujets sensibles à aborder avec Heidi.news avant de pouvoir tomber le masque: la votation du 13 juin sur la loi Covid-19, le certificat d’immunité avec son chapelet de discriminations possibles et la stratégie d’assouplissement qui risque bien de fâcher les parents du pays.

En ce début de mois de mai, le Fribourgeois pare toujours au plus pressé. Avec ses équipes du Département fédéral de l’intérieur, il ploie sous l’ampleur de la tâche, mais ne rompt pas, comme galvanisé par la crise. Son aura se mesurera à l'aune du bilan de la gestion de crise qui sera tiré plus tard, après. Covid ne l’a pas dégoûté au point de l’inciter à quitter son poste. Il sera donc là pour assumer ses responsabilités.

Loi Covid-19

Heidi.news – La loi Covid-19 sera caduque à la fin de l’année, quel que soit le résultat de la votation du 13 juin. Pourtant, la date d’abrogation officielle est fixée au 1er janvier 2032. On en a donc pour dix ans de loi Covid-19?

Alain Berset – Les effets de cette loi n’ont pas tous la même durée dans le temps. La plupart vont s’arrêter à la fin de l’année, d’autres dureront jusqu’en 2022, voire jusqu’à fin 2031. On parle ici des aspects liés aux aides économiques. Si les délais sont longs, c’est pour des raisons administratives et techniques, liées aux soutiens accordés par la Confédération. Alors oui, c’est vrai, les effets de la loi iront bien au-delà de la fin de l’année.

Ce n’est pas un peu tendre le bâton pour se faire battre et donner des munitions aux opposants de cette loi?

Non, je ne le pense pas. Encore une fois, ce délai de dix ans concerne les aides. Le reste est limité dans le temps en fonction de la durée de la pandémie. Dans leur argumentaire, les opposants parlent un peu de tout, sauf du fait que cette loi est essentiellement économique.

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