Alain Berset: «Nous pouvons lever presque toutes les restrictions dès le 22 juin»

Alain Berset. | Keystone / Peter Klaunzer

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La situation extraordinaire se termine ce 19 juin sur de bonnes nouvelles de la part du Conseil fédéral. Les assouplissements se poursuivent rapidement comme l’ont annoncé Simonetta Sommaruga et Alain Berset. La quatrième étape du déconfinement débute dès lundi 22 juin.

Pourquoi c’est un soulagement. Des assouplissements supplémentaires sont possibles parce que les chiffres de nouvelles infections quotidiennes sont bas depuis plusieurs semaines. Les manifestions de plus de mille personnes demeurent néanmoins interdites jusqu’à la fin du mois d’août. La responsabilité de la gestion du suivi de l’épidémie est confiée aux cantons.

Les décisions du jour. L’évolution de l’épidémie est très positive et le nombre de cas reste stable et bas malgré les assouplissements successifs depuis le 27 avril. Il s’agit donc de revenir à la normale dès le 22 juin:

  • Les manifestations et les rassemblements jusqu’à 1000 personnes sont autorisés dès le 22 juin. Les cantons pourront abaisser cette limite en fonction de la situation épidémique sur leur territoire. Le port du masque lors de manifestations politiques et civiles est obligatoire. Cette disposition entre en vigueur dès samedi 20 juin.

  • Les manifestations de plus de 1000 personnes devraient être autorisées à partir du mois de septembre, si la situation épidémiologique le permet.

  • Les clients de restaurants pourront à nouveau rester debout (bar) dans les établissements.

  • Le couvre-feu imposé aux boîtes de nuit, bars, discothèques et restaurants est levé. Les cloisons de séparation doivent demeurer dans les lieux ou la distance de sécurité minimale entre les tables ne peut être respectée.

  • Les cinémas et les salles de concert devront laisser un siège vide entre deux personnes.

  • Tous les employés peuvent retourner sur leur lieu de travail. La décision du télétravail revient à l’employeur.

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Ce qui reste en vigueur. Les distances à respecter passent de 2 mètres à 1m. 50. Cette différence peut paraître dérisoire, mais Alain Berset s’est expliqué sur ce point:

«Une distance de un mètre entre les gens était la normalité d’avant le coronavirus. Ce n’est pas une distance de protection. Passer de 2 mètres à 1 m. 50, cela permet de conserver une distance de protection. Nous savons que garder ses distances permet de réduire la transmission du virus.»

Les règles d’hygiène (lavage fréquent des mains) et le port du masque demeurent recommandés et il est fortement recommandé aux usagers des transports en commun de toujours avoir un masque sur eux.

Ce qui est simplifié. Les plans de protection sont simplifiés pour en faciliter l’application. Pour la Confédération, il s’agit de responsabiliser la population. Les mêmes consignes valent pour tous les secteurs.

Les cantons au premier plan. L’évolution de l’épidémie, sa gestion et son contrôle reviennent aux cantons. A eux de prendre des mesures si le nombre de cas devait augmenter sur leur territoire respectif. Cela signifie qu’ils auront la liberté d’imposer des restrictions s’ils l’estiment nécessaire.

Ainsi, les autorités cantonales pourraient rendre le port de masque obligatoire dans les transports publics, confirme Alain Berset: «Oui, ils le peuvent. C’est à nouveau légal pour eux de prendre ce genre de décision. Nous revenons à notre système fédéraliste.»

Pour la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, ce point est important et révélateur du fonctionnement du pays:

«Au niveau fédéral, le nombre de nouveaux cas quotidiens est trop bas pour rendre le port du masque obligatoire. Mais le retour au fédéralisme, désiré par le Conseil fédéral, implique que les cantons puissent rendre le port du masque obligatoire dans les transports publics. Une coordination étroite entre eux sera nécessaire ces prochaines semaines pour le masque, parce qu’il n’est pas utile, ni nécessaire dans toutes les régions du pays. Le fédéralisme implique des règles différentes en fonction des cantons. C’est ce à quoi nous allons assister ces prochaines semaines.»

Une «Stratégie de préparation et de gestion en cas de reprise de l’épidémie de Covid-19 en Suisse» a été élaborée pour éviter une recrudescence de l’épidémie. L’idée n’est pas de laisser le virus se propager de manière contrôlée dans la population, ni de se concentrer que sur les personnes vulnérables. Il s’agit de contrôler, et si possible rompre, la chaîne de transmission du virus de manière locale, régionale et cantonale. Le traçage des contacts joue dans ce cadre un rôle important. L’application de contact tracing SwissCovid est un outil de cette stratégie. Une décision concernant son lancement publique sera prise mercredi 24 juin.

La faible incidence de l’épidémie permet d’envisager une telle approche décentralisée. Cela permet également d’éviter de nouvelles restrictions des droits fondamentaux.

Enfin, la situation extraordinaire se terminant ce 19 juin, l’état-major créé le 20 mars et chargé de gérer la crise est dissout.