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Quand le principe de la relativité permet de sécuriser les données

Nicolas Brunner est professeur au Département de physique appliquée de la Faculté des sciences | Université de Genève

Une équipe de chercheurs de l’Université de Genève (Unige) a mis au point une nouvelle forme de preuve à divulgation nulle de connaissance basée sur le principe physique de la relativité. En se basant sur le fait qu’aucune information ne peut voyager plus vite que la lumière, l’un des principes fondamentaux de la physique moderne, les chercheurs ont développé une solution pour vérifier des informations… sans que celles-ci ne soient partagées. Une manière de sécuriser le transfert de données pour lutter notamment contre les piratages malveillants. Les résultats de leurs recherches ont été publiés dans la revue Nature.

De quoi on parle. La preuve à divulgation nulle de connaissance a été inventée au milieu des années 1980 et repose sur une hypothèse mathématique: une fonction de codage extrêmement difficile à décoder, qui nécessiterait une importante puissance de calcul. Elle permet de prouver la véracité d’une proposition sans divulguer la moindre information sur la preuve elle-même.

Pourquoi c’est intéressant. Il existe de nombreuses applications de la preuve à divulgation nulle de connaissance, mais toutes reposent sur des hypothèses mathématiques. Si celles-ci venaient à être invalidées – par exemple grâce aux progrès technologiques et à l’augmentation de la puissance de calcul –, toutes les informations protégées par ces modèles seraient accessibles. A ce jour, la preuve à divulgation nulle de connaissance est par exemple utilisée par certaines cryptomonnaies.

Afin de proposer une hypothèse plus robuste, l’équipe de l’Université de Genève, dirigée par Nicolas Brunner et Hugo Zbinden, professeurs au Département de physique appliquée de la Faculté des sciences, s’est concentrée sur le principe physique de la relativité. Ce dernier repose sur le fait qu’une information ne peut pas voyager plus vite que la lumière.

Partant de ce principe, il est possible de proposer des preuves à divulgation nulle de connaissance dite relativistes.

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