Pour Israël, l'affaire Pegasus n'est pas de sa responsabilité

Yaïr Lapid est ministre des Affaires étrangères de l'Etat d'Israël | AP Photo / Oded Balilty

L’Etat d’Israël n’est pas responsable de l’affaire du logiciel espion Pegasus, créé par l’entreprise israélienne NSO Group, estime le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, dans une interview accordée au Monde. Le responsable politique rappelle que la licence d’exportation délivrée par Israël à NSO prévoit que le logiciel ne «peut être utilisé que pour lutter contre des organisations terroristes et des crimes graves, et nous espérons que ces termes ont été respectés».

Pourquoi c’est intéressant. La société NSO Group se retrouve depuis quelques semaines dans une situation difficile. Placée sous liste noire par les Etats-Unis, pourtant alliés d’Israël, l’entreprise est accusée d’avoir permis à son logiciel Pegasus d’espionner des militants des droits humains, des journalistes ainsi que des hommes d’Etat, dont le président français Emmanuel Macron. La survie de NSO est menacée, et les liens qui relient l’entreprise au pouvoir israélien sont connus.

Ce n’est donc pas un hasard si Yaïr Lapid rappelle dans l’interview accordée au Monde son amitié avec le président français:

«Le président Macron est un leader inspirant, un vrai ami d’Israël, mais aussi un de mes amis personnels. Il est un des leaders européens les plus engagés et les plus fermes face à l’antisémitisme. Nous n’aurions jamais fait quoique ce soit qui puisse lui nuire.»

Et de préciser que NSO Group est une entreprise privée. Si Pegasus a été utilisé de façon malveillante, «alors, c’est un crime. Si quelqu’un a mal utilisé cette arme cyber, ou a menti, il devrait être puni par la justice», affirme le ministre israélien.

Quant à savoir où en sont les négociations avec le gouvernement français et l’Etat d’Israël pour que les numéros français ne puissent plus être ciblés par Pegasus, Yaïr Lapid répond:

«Des enquêtes ont été lancées en Europe et aux Etats-Unis, nous devrons attendre les résultats. C’est hors des mains de notre gouvernement.»

Pour le ministre, qui laisse entendre que la licence des autorités marocaines — qui seraient à l’origine de l’espionnage du président français — n’a pas été révoquée, il ne s’agit pas d’«une affaire entre gouvernements. Nous nous sommes assurés que chacun comprenne la différence entre une compagnie privée et une compagnie gouvernementale».

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