| | Interview

«Avec les NFT, 50 ans d’art digital trouvent une reconnaissance»

Refik Anadol se sert d'IAs pour réinterpétrer des bases de données d'images. | Refik Anadol

Artiste digital, Refik Anadol est un pionnier des NFT, ces certificats de propriété d'oeuvre d'art sur la blockchain. Dans le cadre du cinquième forum organisé par la fondation suisse ArtTech à l’Université Sabanci d’Istanbul le 28 septembre , l’artiste expliquait comment cette technologie révolutionne le monde de l’art. Heidi.news l’a interviewé en marge de cette manifestation.

Pourquoi c’est intéressant. Alors que l’art contemporain fusionne de plus en plus avec l’industrie du luxe à grand renfort de fondations Pinault ou LVMH, l’art digital s’oriente vers les technologies décentralisées de la blockchain. Les certificats numériques NFT réintroduisent de la rareté mais les prix atteints lors de certaines enchères font aussi sourciller. Réaction conservatrice du marché de l’art ou transformation profonde qui démocratise qui a le droit ou pas de dire qu’une œuvre est artistiquement valable?

De qui on parle. Artiste d’origine turque basé à Los Angeles, Refik Anadol s’est fait connaitre avec des installations immersives dans lesquels des programmes d’intelligence artificielle inspirés des neurosciences réinterprètent des dizaines de millions d’images numérique.

Le 6 octobre il inaugure une exposition immersive à Milan en collaboration avec le parfumeur genevois Firmenich. Ses oeuvres étaient aussi representées le 30 septembre à Sotheby’s à Hong Kong, où ouvre son premier espace numérique immersif certifié par NFT.

L’exposition qu’il s’apprête à inaugurer dans le Dôme de Milan début octobre suite à une commande du joailler Bulgari verra ses intelligences artificielles «rêver» des fleurs à partir de plus de 70 millions d’images. Et comme il s’agit de fleurs, cette fois l’artiste a collaboré avec le parfumeur genevois Firmenich pour ajouter un parfum inspiré des forêts tropicales à l’expérience.

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Comme tous les artistes digitaux Refik Anadol a cependant longtemps buté sur la difficulté de diffuser ses œuvres vers un public plus large ou de collectionneurs. Reposant sur des logiciels, les œuvres digitales sont reproductibles à l’infini. Alors que le marché de l’art est dominé par la rareté et le caractère unique des œuvres.

Au début des années 2000, la digitalisation de la musique avait posé le même genre de difficultés aux musiciens. Des sites comme Napster permettaient de copier les œuvres sans s’acquitter de droits d’auteurs. Dans ce domaine, une partie de la solution est venue de plateforme comme Spotify. Dans celui des arts graphiques, ce sont les NFT (pour Non Fungible Tokens) qui associent un certificat d’authenticité infalsifiable basé sur une blockchain à une œuvre digitale. Refik Anadol explique son expérience avec ces technologies.

Heidi.news — Quelles sont les implications de l’arrivée des NFT dans le monde de l’art digital?

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