Le nucléaire français en grève contre le contrôle des prix de l’électricité

Des problèmes de corrosion ont été identifiées lors de la maintenance des réacteurs de la centrale Penly (Seine-Maritime) qui vont prolonger l’arrêt et voir étendre l’arrêt des réacteurs d’EDF./Keystone/ Fred Haslin

Les quatre principaux syndicats du secteur énergétique en France ont lancé, mardi 18 janvier, un appel à la grève des salariés d’EDF la semaine prochaine. Celle-ci s’oppose aux mesures de contrôle des prix de l’électricité imposé par le gouvernement d’Emmanuel Macron, explique Le Monde. Le 13 janvier, l’Etat français (actionnaire à 84% d’EDF) à a exigé que l’électricien vende 20 Térawattheure (TWh) supplémentaires d'énergie d'origine nucléaire au prix réglementé de 46,2 euros par MWh à ses concurrents pour les aider à limiter la hausse des prix pour les ménages à 4 % en 2022. Mais EDF ayant déjà pré-vendu sa production électrique dans le cadre de contrats à long terme, l'entreprise doit acheter ces 20 TWh aux prix du marché, actuellement 5 fois plus élevés.

Pourquoi c’est révélateur. En plus de l’explosion des prix du gaz naturel, et alors que le gazoduc Nordstream 2 (dont le siège est à Zoug) qui doit alimenter l’Europe n’ouvrira pas avant ce printemps avec des mois de retard, l’arrêt de quatre réacteurs nucléaires français pour maintenance en décembre a révélé des problèmes de corrosion sur potentiellement 20 autres réacteurs (sur 56). EDF s’attend du coup à sa plus basse production d’électricité depuis 30 ans. L’achat du courant destiné aux ménages à faible revenu devrait lui couter entre sept et huit milliards d’euros. Intervenant dans un contexte où une faible production éolienne pousse la production d’électricité à base de combustibles fossiles, cette grève révèle la quadrature du cercle de la transition énergétique: comment assurer la justice sociale dans un contexte de flambée des prix de l’électricité en hiver?

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