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«La Suisse est mal outillée pour réprimer le travail forcé»

La jurisprudence du Tribunal fédéral n'est pas suffisamment abondante pour guider les procureurs dans la poursuite de la traite des êtres humains. Keytstone / Laurent Gillieron

Les affaires révèlent une réalité brutale: vente aux enchères de migrants africains sur les marchés en Libye, employés domestiques réduits à l’esclavage à Genève, ouvrières d’usines textiles au Bangladesh, enfants travaillant dans les mines congolaises. Ces situations dramatiques, souvent portées à la connaissance du public par les médias et les ONG, sont délicates à traduire en justice. La Suisse n’échappe pas à ce constat. La thèse de droit, récemment soutenue à l’Université de Genève par Nadia Meriboute, montre que le code pénal n’est ni suffisamment appliqué ni satisfaisant pour réprimer la traite des êtres humains.

Pourquoi on en parle. Selon l’OIT, l’esclavage moderne touche plus de 40 millions de personnes dans le monde. La finalité la plus courante reste l’exploitation sexuelle, mais les autres formes d’exploitation concernent plus d’un tiers de cas.

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