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La Suisse a une place à prendre dans la comptabilité des émissions de gaz à effet de serre

La Suisse pourrait étendre le système de crédit carbone européen qu’elle a rejoint en 2020 | Keystone / Maxim Shipenkov

Le Forum de politique étrangère suisse (foraus) rend public mardi 23 mars une proposition de faire de la Suisse le moteur de la standardisation des méthodes de mesure des émissions de gaz à effet de serre des entreprises. La popularité croissante de la finance durable bute sur un manque d’harmonisation de ces méthodes et une disparité des données qui rendent hasardeuses les comparaisons entre investissements. En s’appuyant sur la force qu’a pris ce secteur dans le pays, sur le relai de la Genève internationale et sur sa participation récente au système des crédits carbone européen, la Suisse a l’opportunité de prendre un rôle leader dans l’établissement de ces normes essentielles face au changement climatique.

Pourquoi c’est une bonne idée. Quoi de moins sexy que des normes comptables? Pourtant, face à la crise climatique, elles sont essentielles. Certes, de plus en plus d’entreprises se sont engagées récemment à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais on ne peut pas réduire ce que l’on ne sait pas mesurer. Pour y parvenir, il faut des méthodes, des normes et des standards. Et les informations qui en dérivent sont aussi cruciales pour les investisseurs et les consommateurs qui peuvent ainsi choisir les entreprises les plus vertueuses sur des bases fiables. Or, les standards existants ne sont ni uniformes ni obligatoires. Ils peuvent abriter des différences importantes. C’est la porte ouverte à l’opacité, voire au greenwashing, comme le relève une autre étude publiée récemment par des chercheurs zurichois.

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