L’inflation signe la fin de l’ubérisation

Les manifestations de chauffeurs Uber, partie immergée de l’iceberg d’une gig economy qui part en vrille. /Keystone/Zoltan Balogh

Il n’y pas qu’à Genève où les chauffeurs Uber demandent salaires et charges sociales, ou à la télévision avec la série au vitriol «Super Pumped» que le géant des voitures de transport avec chauffeur connait des déboires. En fait, selon le Financial Times, c’est toute l’économie des petits boulots basés sur les plateformes numériques (gig economy) qui traverse une forte crise. Les actions d’Uber, Lyft ou Deliveroo sont en chute libre. Et, derrière ce phénomène, on retrouve l’inflation. Pas seulement parce que le prix de l’essence explose, mais parce que les investisseurs voient les taux d’intérêt remonter et rechignent à continuer de sponsoriser les discounts offerts par ces services.

Pourquoi c’est un tournant. Les applications de services à la demande ont donné naissance à une version grand public du luxe d'avoir des serviteurs (chauffeurs, livreurs, femmes de ménage…), même s'il s'agissait d'une collection atomisée de personnes que l’on ne revoyait souvent jamais. Cette «gig economy» a toutefois aussi souligné les inégalités économiques.

Les autorités, comme le Tribunal fédéral dans le cas des chauffeurs Uber de Genève, ont commencé de faire dérailler le business model en imposant le paiement de charges sociales. Maintenant, comme le pointe le Financial Times ainsi que The Atlantic, les investisseurs, qui ont porté à bout de bras ces plateformes facturant souvent ces services à un prix inférieur à ce qu'il coûte, retirent leurs billes. Essentiellement parce que l’inflation met fin aux 30 années d’argent bon marché initiée par le président de la Banque centrale américaine Alan Greenspan en 1996.

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