Guerre en Ukraine: l'Occident craint pour sa cybersécurité

Image d'illustration. | Unsplash

Les pays occidentaux ont peur pour leur cybersécurité à la suite de l’offensive de la Russie sur l’Ukraine, suggèrent les recherches de New Scientist. Selon le média, le centre national de cybersécurité du Royaume-Uni a invité mardi 22 février les organisations et entreprises sur son territoire à améliorer leurs cyberdéfenses. L’Agence américaine pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures a fait de même à l’égard des entreprises qui fournissent des services aux forces armées américaines. Début février, c’est la Banque centrale européenne qui s’était exprimée sur le sujet, mettant en garde contre les cyberattaques.

Pourquoi on en parle. Ces derniers mois, l’Ukraine a subi d’importantes cyberattaques qui ont déstabilisé ses infrastructures numériques. Pour les Etats occidentaux, le risque n’est toutefois pas d’être visés directement par la Russie, relève New Scientist, mais que des cyberattaques visant l’Ukraine puissent avoir des conséquences sur les entreprises basées en Europe et aux Etats-Unis. L’Ukraine accueille en effet de nombreuses entreprises qui offrent des services en matière d’externalisation informatique.

La cyberdéfense pourrait ne pas suffire. Le ministre britannique de la défense, Ben Wallace, a déclaré le 21 février qu’une agence de cyberattaques offensives, la National Cyber Force, a «déjà été mise en place» et prend de l’ampleur. Estimant que la meilleure défense est parfois l’attaque. Selon une ancienne responsable d’une unité stratégique du gouvernement britannique, citée par New Scientist, de multiples dirigeants de gouvernements occidentaux exigent depuis une dizaine d’années des options de cyberattaques permettant de répondre aux intrusions.

Les experts interrogés par le média estiment toutefois que ces éléments n’indiquent pas qu’une cyberguerre massive pourrait voir le jour ces prochains mois. Selon l’un d’entre eux, le droit international limitera les attaques occidentales contre les réseaux civils.

La Suisse, une cible potentielle? Dans une interview accordée aux journaux du groupe de presse CH-Media, la cheffe de la politique de sécurité du Département fédéral de la défense, Pälvi Pulli, avertit que la Suisse pourrait être touchée par les répercussions de la guerre en Ukraine. Parmi les conséquences potentielles, outre les mouvements migratoires, la haute fonctionnaire cite les risques de cyberattaques et les opérations d’espionnage qui pourraient cibler des diplomates et des organisations internationales sur le territoire suisse.

Si Pälvi Pulli ne s’attend pas à un conflit armé entre la Russie et l’OTAN, elle affirme cependant que ce conflit et les tensions qui l’entourent ne disparaîtront pas de sitôt. Selon elle, il faut s’attendre à un changement d’époque dans la politique de sécurité internationale.

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