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Genève s’acharne à réprimer les mendiants, malgré un bilan catastrophique

Il y a fort longtemps que les mendiants ne croient plus au Père Noël. Keystone / Martial Trezzini

En 2008, le canton se dote d’une loi interdisant la mendicité, avant que son application ne soit suspendue treize ans plus tard par le Procureur général, Olivier Jornot. Dans l’intervalle, les autorités ont vainement déployé d’importants moyens afin de recouvrer les amendes notifiées, jusqu’à ce que la Cour européenne des droits de l’homme condamne la Suisse, en janvier 2021. Malgré tout, le PLR revient à la charge. Retour en deux épisodes sur un fiasco.

Il est 17h07, ce vendredi 19 mars 2021 lorsque débute l’audience du tribunal de police, en présence d’un huissier, d’un juge, d’une greffière, d’une interprète et d’une avocate. Le prévenu est un Rom, trentenaire, à qui l’accusateur public reproche d’avoir mendié sur la voie publique, contrevenant ainsi à l’article 11A de la loi pénale genevoise. Le Service des contraventions lui a notifié vingt-deux amendes, totalisant 2’200 francs. A quatre reprises, la police l’a détenu au poste durant trois heures.

«Oui, j’ai mendié. Je n’avais pas de travail et rencontrais quelques soucis avec ma famille», reconnaît-il d’emblée, par l’intermédiaire de son interprète, sans doute la plus sollicitée par le Pouvoir judiciaire. «On m’a fouillé, déshabillé et incarcéré parfois pendant plusieurs heures sans rien me donner à manger ou à boire», poursuit-il.

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