Europol contrainte d'effacer des milliards de données personnelles

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Europol va devoir supprimer une grande partie d’un vaste stock de données personnelles à sa disposition, conformément à une décision du Contrôleur européen de la protection des données, relève le Guardian. C’est un véritable trou noir d’informations personnelles, comme le note le média, qui contient des milliards de points d’entrée. Ces données ont été tirées de rapports criminels, piratées à partir de services téléphoniques chiffrés ou encore récupérées de demandeurs d’asile qui n’ont jamais été impliqués dans un crime.

Pourquoi c’est important. Le fichier d’Europol contient au moins 4 pétaoctets de données, soit l’équivalent de 3 millions de CD-Rom, précise le Guardian. Selon les défenseurs de la protection des données, le volume d’informations dont dispose Europol équivaut à une surveillance de masse et pourrait permettre la création d’un équivalent européen de l’Agence nationale de sécurité des Etats-Unis (NSA).

Ces informations concernent au moins 250’000 personnes étant ou ayant été soupçonnées d’activités criminelles ou terroristes, ainsi que sur une multitude d’individus avec qui elles ont été en contact. Elles ont été accumulées par l’agence de police européenne via les différents services de police des Etats au cours des six dernières années.

Le Contrôleur européen de la protection des données a intimé l’ordre à Europol de supprimer toutes les données détenues depuis plus de six mois. L’agence devra également prendre position d’ici un an sur les données qui pourront être légalement conservées. L’organisme d’Europol qui dispose de ces données est appelé à devenir le centre d’apprentissage des modèles européens d’intelligence artificielle dans le domaine policier.

Une confrontation entre vie privée et sécurité. Cette affaire met en lumière les confrontations qui opposent les autorités européennes quant aux compromis à trouver en matière de sécurité et de vie privée, note le Guardian. La commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, estime que la décision du Contrôleur européen de la protection des données pose un sérieux défi aux autorités policières pour mener à bien leur mission en tirant parti des outils modernes permettant d’analyser ces informations.

La Commission européenne a proposé en 2021 de modifier un règlement qui pourrait permettre à Europol de légaliser rétrospectivement la détention de ces milliards d’informations personnelles.

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