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Dans le négoce de pétrole, la corruption est une affaire d’ex

Le siège de Gunvor, firme spécialisée dans le commerce de pétrole, se trouve à la rue du Rhône, à Genève | Keystone / Martial Trezzini

Dans The World for Sale*, un ouvrage consacré au commerce de matières premières paru en février, le patron de la société genevoise Gunvor, Torbjörn Törnqvist, explique que la corruption a gangréné son industrie. Que de nombreux cadavres subsistent dans les placards et que beaucoup d’entre eux, la plupart même, n’émergeront jamais à la surface. On se gardera de lui donner tort. Mais pour Gunvor, un nouveau cadavre, longtemps enfoui, surgit en provenance d’Amérique du Sud. Et vient entacher un peu plus la réputation de la firme spécialisée dans le négoce international de pétrole, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 75 milliards de dollars en 2019.

Pourquoi c’est problématique. Après sa condamnation en 2019 par la justice suisse pour des faits de corruption commis au Congo-Brazzaville et en Côte d’Ivoire, voici qu’un cas survenu en Equateur éclabousse Gunvor, comme l’a révélé l’agence Bloomberg. Fait particulièrement gênant, cette procédure instruite aux Etats-Unis porte sur des contrats pétroliers très récents, alors que la firme déclarait avoir tiré les leçons de ses déboires congolais. Cette prise de conscience passait notamment par un renforcement de ses procédures de conformité légale et une politique revendiquée de «tolérance zéro» vis-à-vis de la corruption. Gunvor a d’ailleurs annoncé en novembre dernier son intention de cesser de recourir aux intermédiaires, couramment employés dans les régions sensibles de la planète pétrolière pour sécuriser des contrats auprès de décideurs peu scrupuleux.

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