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Comment nous avons démasqué QAnon avec des algorithmes

Lionel Pousaz (Boston)

Un réseau mondial sataniste et pédophile, qui œuvrerait à la débâcle de Donald Trump depuis les sous-sols d’une pizzeria. Avec des adeptes qui, à l’occasion, ne bouderaient pas un gueuleton de chair humaine, sous la houlette d’Hillary Clinton ou George Soros. En substance, ce sont les révélations de «Q Anonymous», autrement dit QAnon. Pendant trois ans, le prétendu lanceur d’alerte a publié des centaines de messages — ou «Q drops» — sur des forums d’extrême droite, qui ont passionné des millions d’Américains. De nouvelles technologies d’analyse textuelle dévoilent sa probable identité.

Pourquoi c’est intéressant. L’anonymat de Q est relatif. La presse US a mené l’enquête et réduit le nombre d’auteurs potentiels à une dizaine d’individus. Ce weekend, deux études scientifiques sont parues, l’une suisse et l’autre française, qui resserrent encore le faisceau de présomption. Elles mesurent une donnée apparemment intangible: le style d’écriture. Celui de QAnon, en l’occurrence.

A noter que, une fois n’est pas coutume, je ne prends pas ma plume de journaliste, puisque je figure parmi les co-auteurs de l’étude suisse. Cette dernière émane de l’entreprise Orphanalytics, avec laquelle je collabore régulièrement. L’autre article est signé par un tandem de chercheurs français affiliés au CNRS et à l’Ecole des Chartes.

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