Afflux de prostituées à Genève pour le sommet Biden-Poutine

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Plusieurs acteurs de l’économie de l’amour tarifé à Genève ont constaté une augmentation du nombre de travailleurs et travailleuses, augmentation qui coïncide avec le sommet entre Joe Biden et Vladimir Poutine.

De quoi on parle. Bradley Charvet (son nom de scène) est un acteur connu à Genève dans le milieu de la nuit et des plaisirs. Patron de Fgirl, un site d’annonces pour travailleurs et travailleuses du sexe actifs en Suisse romande, il dit avoir constaté une hausse importante du nombre d’annonces ciblées à Genève sur sa plateforme ces derniers jours:

«D’une quarantaine de créations d’annonces par jour à Genève, je suis passé à environ 60. Il y a donc une augmentation d’environ 50%. Les offres sont publiées pour une durée d’une semaine, principalement en anglais ou en allemand. Beaucoup de filles étaient parties avec la crise Covid, donc ce changement m’a interpellé.»

Qui sont ces femmes qui arrivent soudainement? Que font-elles à Genève?

«Ce sont des travailleuses bénéficiant d’un permis de travail européen, explique Bradley Charvet. Elles viennent pour des périodes courtes, sur des évènements stratégiques. Généralement, elles restent dans les hôtels de luxe. Ce sont des personnes qui visent une clientèle haut de gamme, avec des tarifs allant jusqu’à 1300 francs les deux heures.»

Clientèle aisée ciblée. Même constat pour Arthur, gérant du marché suisse pour Sex4u, qui mise aussi sur une clientèle en col blanc de plus de 35 ans: «La hausse du trafic sur notre plateforme est de l’ordre de 25% à 30% pour Genève.»

Arthur précise que les tarifs des escortes présentes sur son site vont de 2500 à 5000 francs l’heure pour les riches clients étrangers, principalement des Américains, des Russes ou des ressortissants de pays arabes. Il a même donné un nom à ces travailleuses du sexe qui se déplacent spécialement pour les grands évènements, les «Sell the news», à qui «on vend la nouvelle du grand événement sur Genève, et l'arrivée de consommateurs d'escortes étrangers avec un potentiel de dépenses plus élevé».

Clientèle d’habitués. L’effervescence semble toutefois ne pas rejaillir sur toutes les adresses connues de Genève. Pour les clubs et maisons closes, l’emplacement joue un rôle central. C’est ce qu’estime Lisa, la patronne du Venusia, ne notant pas de changement dans son établissement:

«Notre business tourne essentiellement avec nos habitués. Ce genre d’évènement ne change pas grand-chose. La ville est bloquée et nous ne sommes pas dans le quartier le plus stratégique pour la circulation. Et les équipes (les délégations russes et américaines, ainsi que la presse internationale, ce qui représente en tout plus de 4000 personnes, ndlr) logent de l’autre côté du lac et iront là où leurs déplacements seront possibles.»