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La formule genevoise du gel hydro-alcoolique explose sur YouTube

Même s’il n’est pas recommandé de manipuler des substances chimiques à la maison, une vidéo détaillant la fabrication de la célèbre formule désinfectante du professeur Didier Pittet est disponible sur YouTube.

Elle est passée de 5’000 à 44’000 vues depuis le début de l’épidémie, selon le chef de la Pharmacie des Hôpitaux Universitaire de Genève (HUG), Pascal Bonnabry, qui confirme qu’il est simple à fabriquer et à la portée de tous.

Peu connue il y a encore quelques semaines, la formule du professeur Didier Pittet, responsable du programme Clean Care is Safer Care de l’OMS, a explosé. Publié en 2009, le Guide de production locale de solutions hydro-alcooliques avait pour but de promouvoir l’hygiène des mains partout dans le monde. Sa formule simple devait permettre aux professionnels de santé de le produire pour leurs hôpitaux ou leurs pharmacies. Près de 180 des 194 membres des Nations Unies font désormais partie du programme développé par le médecin-chef du service de prévention et du contrôle de l’infection des HUG.

«La solution qui dépend d’éléments comme l’alcool est soudain devenue indispensable», explique Pascal Bonnabry qui précise que celle-ci n’est pas toujours un «gel». B. Braun leur fournisseur de solution hydro-alcoolique ne pouvant faire face à la demande, la pharmacie des HUG a remis en marche sa propre production basée sur la formule de l’OMS.

L’approvisionnement en alcool, l’un des ingrédients nécessaires à la fabrication de la solution, reste encore «un peu tendue», selon Pascal Bonnabry. Le principal fournisseur suisse, Alcosuisse, livre ainsi en priorité aux hôpitaux, EMS et aux pharmacies qui fabriquent la solution destinée ensuite au grand public. Des sociétés privées comme Givaudan la fabriquent aussi en grande quantité.

Le gel hydro-alcoolique est, avec les masques et la distanciation sociale, l’un des trois éléments indispensables à freiner la contagion.

L’autre élément problématique est l’approvisionnement en flacons, destinés à contenir la solution désinfectante. «Il en faut 500 000 rien que pour Genève», confirme Bonnabry. Les HUG les recyclent et appellent la population à faire de même. Ils étaient produits en Chine. Les HUG les achètent plus récemment auprès des laboratoires Pichot, près de Lyon.

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