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Faut-il vraiment comparer la grippe espagnole et le Covid-19?

The Graduate Institute Geneva and Heidi.news are co-producing a series of «pocket lectures» about the current crises: Covid-19, the virus that is changing the world.

Ces dernières semaines, les comparaisons entre la grippe espagnole et le Covid-19 se multiplient. «Pourquoi cette attention soudaine pour une épidémie longtemps oubliée par les historiens?», se demande Davide Rodogno, professeur d’histoire au Graduate institute Geneva (IHEID). «Sans doute la peur de ne pas être préparés», poursuit-il. Pour lui, l’histoire de la grippe espagnole se fonde sur la riposte à la pandémie ou plutôt sur le manque de riposte, son déni. La grippe de 1918, représente un modèle, un précédent. La question qu’il se pose est de savoir si ce modèle est pertinent pour comprendre la pandémie de 2020.

Les deux épidémies sont très différentes. La première intervient à la fin de la première guerre mondiale et fait des ravages parmi les soldats, qui se battent encore. Le Covid-19, lui, semble mortel pour les personnes âgées. Les bilans n’ont rien à voir: 50 à 100 millions de morts pour la grippe de 1918, moins de 200’000 pour le Covid-19. Une des explications: l’Europe sortait de 4 ans de la guerre alors la plus meurtrière de l’histoire; c’est comme si aujourd’hui on observait les ravages du coronavirus sur la Syrie en ruines.

Les conséquences en revanche seront similaires: fermeture des écoles et des églises, fermeture des frontières pour se protéger d’un virus qui n’en connait pas, port du masque obligatoire et utilisation du virus pour désigner des populations étrangères comme bouc-émissaire, montée du racisme et flambée des théories du complot.

Dans ce nouvel épisode des «Pocket lectures» coproduites par l’IHEID et Heidi.news, Davide Rodogno va plus loin. Il interroge le contexte de la mondialisation, en 2020 et un siècle plus tôt, notre rapport à la mort, la terminologie guerrière pour parler d’un virus qui, en 2020, a brisé nos certitudes. En 1918, ces certitudes n’existaient pas. On mourait alors de pneumonie, on mourait en couches. Des pistes de réflexions passionnantes, articulées par un historien spécialiste des conflits, des régimes autoritaires et totalitaires.

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Davide Rodogno is professor, international history at the Graduate Institute Geneva. He's director, executive certificate advocacy in international affairs. He's also faculty associate, centre on conflict, development and peace building.

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