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Après sa grève de la faim, un exilé cubain attend d'être entendu par l'ONU à Genève

Ariel Ruiz Urquiola se repose, entouré de ses soutiens, qui signent un L pour "libertad" | Yann Gross

Après cinq jours de grève de la faim à Genève, le cubain Ariel Ruiz Urquiola a obtenu vendredi 26 juin d’être entendu par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Ce docteur en biologie, employé de la Humbolt Universität à Berlin, se dit victime, ainsi que sa sœur, de persécution et de mauvais traitements de la part du régime castriste.

De quoi accuse-t-il La Havane? Selon Ariel Ruiz Urquiola, le gouvernement cubain aurait empêché sa sœur, atteinte d’un cancer, de recevoir un traitement adapté. Lui, aurait été intentionnellement contaminé au VIH lors d’une précédente grève de la faim, en prison à Cuba.

Installé sur un matelas de camping dans le quartier des Pâquis, derrière le Palais Wilson, l’exilé cubain, qui était aussi exploitant agricole, a mis vendredi 26 juin un terme à sa grève de la faim et de la soif commencée le 22 juin quand UN Watch lui a donné la possibilité de s’exprimer devant l’instance onusienne. L’ONG a demandé de le représenter à la 44e session du Conseil des droits de l’homme, mais attend encore la confirmation de l’HCDH.

Ariel Ruiz Urquiola:

«Le régime cubain a tout fait pour me détruire, ils m’ont fait arrêter mes recherches, puis ils ont tué mes animaux et ont éradiqué mes récoltes.»

Le biologiste, qui se dit aussi victime d’homophobie de la part du régime cubain, affirme être persécuté pour avoir révélé à la communauté scientifique internationale des pratiques environnementales douteuses dans son pays:

  • Avec ses étudiants, il aurait démontré en 2008 dans un congrès international au Mexique que la majorité des tortues de mer que Cuba vendait notamment au Japon étaient en vérité illégalement pêchées dans les eaux mexicaines et d’autres pays des Caraïbes. Cela lui aurait valu de perdre son poste à l’Université de la Havane.

  • Il aurait également signalé des infractions au code de l’environnement dans le parc national des Viñales, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a vécu dans une ferme écologique où il tentait d’installer un système durable. C’est là qu’il sera arrêté en 2018 pour «outrage» à deux agents du parc national et condamné à un an de prison.

ONG sollicitées. Ariel Ruiz Urquiola a sollicité plusieurs ONG, notamment Amnesty International, qui a reconnu que son emprisonnement était arbitraire. Il bénéficie de l’aide d’un cabinet d’avocat international et de quelques associations comme l’ISHR (International Society for Human Rights), basée en Allemagne. Une pétition pour interpeller ces ONG a récolté près de 10 000 signatures. Par ailleurs, Tom Haeck, chargé de Cuba à la commission des droits de l’homme de l’ONU, lui a rendu visite durant sa grève de la faim.

Ariel Ruiz Urquiola:

«Ici à Genève, on peut facilement atteindre les citoyens du monde. En tant que victime, je suis en droit de parler, et je resterai aussi longtemps que nécessaire devant ce Palais Wilson pour faire valoir ce droit.»

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