Le Flux Sciences propose une sélection d’actualités scientifiques, certaines traitées en profondeur par ses journalistes spécialisés, d’autres, appelées «radars», repérées pour vous dans des médias de qualité.


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En Inde, des «deepfakes» pour traduire un discours politique dans plusieurs langues

Manoj Tiwari a utilisé le principe du deepfake pour traduire un discours vidéo en plusieurs langues | Montage d'après Youtube

On pointe souvent du doigt les deep fakes, ces vidéos inventées de toutes pièces par un algorithme. En Inde, la technologie vient de fournir un cas d’usage étonnant, en permettant de traduire un discours dans le cadre d’élections à Delhi. Une vidéo a ainsi été diffusée en haryanvi, langue parlée par une part importante de travailleurs migrants à Delhi, et en anglais, raconte Vice. Manoj Tiwari, président du parti Bharatiya Janata, y critique le gouvernement.

Pourquoi cela pose de nouvelles questions. En Inde, près de 40% de la population parle le hindi, mais plus de 500 dialectes sont aussi utilisés, ce qui mène en général à des campagnes politiques très ciblées. Mais au-delà de leur usage à des fins de traduction, ces technologies posent des problèmes de confiance. En Inde, la maîtrise du numérique est loin d’être acquise par tous les citoyens, ce qui pose des risques accrus en cas de manœuvres de désinformation, souligne l’article.

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A lire sur Vice

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SpaceX veut envoyer des touristes dans l'espace d'ici deux ans

L'intérieur de la capsule Crew Dragon | SpaceX

Quatre. C’est le nombre de touristes spatiaux qu’une capsule habitable Crew Dragon embarquera dans l’espace à l’horizon 2021 ou 2022, a annoncé SpaceX le 18 février 2020. Le vaisseau ne s’arrimera pas à la Station spatiale internationale (ISS), mais orbitera simplement autour de la Terre avant d’y retourner, raconte CNBC.

Pourquoi on en parle. Le calendrier est serré: la capsule doit transporter ses premiers astronautes, dans le cadre du partenariat de SpaceX avec la Nasa, entre avril et juin. Les heureux clients, dont on ignore précisément quel montant ils devront débourser pour l’opération, seront sélectionnés par la société Space Adventures. L’an dernier, SpaceX avait signé un contrat avec une autre société, Bigelow Aerospace (qui l’a résilié depuis), en fixant à 52 millions de dollars par personne le coût d’un acheminement vers l’ISS.

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A lire sur CNBC

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Emirats: feu vert à l’exploitation de la première centrale nucléaire arabe

Keystone

Les Emirats arabes unis viennent de valider la mise en exploitation de leur centrale nucléaire de Barakah, à Abou Dabi. Une première pour le monde arabe. Une fois terminée, Barakah disposera de quatre réacteurs d'une capacité totale de 5 600 mégawatts.

Les détails. Construits par un consortium émirato-coréen, les quatre réacteurs de la centrale seront exploités par l’entreprise Nawah Energy. Le premier aurait dû être mis en service dès 2017 mais la date de démarrage a dû être reportée pour des raisons de sécurité. Le démarrage de la centrale est prévu dans le courrant de l’année, d’ici mai ou juin prochains.

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Al Jazeera

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Bruxelles va encadrer les usages «à risques» de l'intelligence artificielle

Margrethe Vestager | Flickr

Big brother à la chinoise ou simple moyen de paiement, la reconnaissance faciale divise à Bruxelles. Pour réguler un secteur en pleine croissance et largement dominé par les Etats-Unis et la Chine, un «livre blanc» avec des pistes d’actions va être présenté par la Commission européenne.

Pourquoi c’est important. De ce projet Bruxelles souhaite faire émerger une prise de conscience des risques qui s’appliquent à l’usage de l’IA. Parmi les principaux points, la mise en place d’une «supervision humaine», comme l’a indiqué la vice-présidente de la Comission euopéenne, Margrethe Vestager, en charge du digital. D’autres aspects de l’IA seront aussi discutés par l’exécutif européen: la reconnaissance faciale, et l’usage des données.

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Les Echos

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Jeff Bezos crée un fonds «pour la Terre» à dix milliards de dollars

Keystone

Le fondateur d’Amazon et l’homme le plus riche du monde a annoncé la création d’un fonds pour lutter contre le changement climatique sur Instagram. Sa déclaration intervient une vingtaine de jours après la signature par 300 employés de son entreprise de critiques contre la politique environnementale du groupe.

Ce qu’il faut savoir. Ce n’est pas la première sortie de Jeff Bezos sur le sujet du changement climatique. En septembre dernier, lors des feux de forêts en Amazonie, il avait exprimé le souhait d’une neutralité carbone d’ici 2040 lors d’une «promesse climatique». Ces 10 milliards sont-ils le prolongement de cette promesse? Dans tous les cas, le patron d’Amazon, à travers le Bezos Earth Fund va s’engager faire des dons aux scientifiques, aux activistes et aux ONG qui luttent contre le changement climatique.

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Bloomberg

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Didier Queloz: «Avec ses satellites Starlink, Elon Musk ne respecte aucune limite»

Le passage des satellites de Starlink devant un télescope de l'Observatoire inter-américain Cerro Tololo, en novembre 2019 | NSF’s National Optical-Infrared Astronomy Research Laboratory/NSF/AURA/CTIO/DELVE

Le 17 février, une fusée Falcon 9 de la société SpaceX a placé en orbite 60 nouveaux satellites, qui doivent intégrer un immense réseau, destiné à fournir un accès internet par satellite partout sur la planète. Ce lancement porte à 302 le nombre de satellites de cette constellation, nommée Starlink, mais avive l’énervement des astronomes. Dont Didier Queloz, astrophysicien aux Universités de Cambridge et Genève, et Prix Nobel de physique 2019. Il ne mâche plus ses mots pour critiquer les actions d’Elon Musk, le patron de SpaceX. Entretien.

Pourquoi le climat est tendu. Parce qu’elles strient le ciel en y brillant de milles feux, ces myriades de satellites «polluent» les observations effectuées avec les télescopes terrestres, au point que les astronomes craignent pour leurs activités scientifiques, et tirent désormais la sonnette d’alarme.

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Des criquets cyborgs pour détecter les explosifs

Baranidharan Raman/Washington University

Après les chiens renifleurs, voici les criquets pour détecter la présence d’explosifs. Une équipe américaine de l’Université de Washington veut exploiter l’odorat très développé de ces insectes à l’aide de capteurs afin qu’ils délivrent un signal électrique lorsqu’ils perçoivent des vapeurs de TNT, ou l’un de ses précurseurs, raconte le New Scientist.

Pourquoi on en parle. Selon ces chercheurs, dont les travaux, disponibles en pré-publication, n’ont pas encore été publiés dans une revue, les prédictions d’un seul de ces criquets cyborgs atteindraient 60% d'efficacité. Lorsque les signaux de sept criquets sont combinés, celle-ci atteint 80%. Ces travaux ont été financés par l’armée américaine.

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Lire l'article du New Scientist

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Malgré les prescriptions sur les voitures neuves, les émissions de CO2 ont augmenté

Image d'illustration | DAVID ZALUBOWSKI/AP/KEYSTONE

Obligatoires sur toutes les voitures de tourisme neuves depuis 2012, les prescriptions sur les émissions de CO2 obligent les importateurs suisses à limiter ces dernières en-deçà d’une valeur seuil. Or, selon un rapport dévoilé par le 18 février 2020 par le DETEC, les valeurs cibles n’ont jamais été atteintes malgré les sanctions infligées, et ont même augmenté en 2017 et 2018.

Pourquoi on en parle. En Suisse, les voitures de tourisme représentent près d’un quart des émissions de CO2. Au-delà de l’efficacité des prescriptions sur les véhicules neufs, le problème posé par le parc automobile est d’autant plus délicat que la durée de vie des véhicules reste élevée en Suisse: 180’000 km en moyenne, les voitures servant de plus en plus longtemps.

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Voler plus ou moins haut pour réduire les effets climatiques de l'aviation

fdecomite/Flickr/Creative Commons

L’aviation civile est un secteur de plus en plus décrié pour ses émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, son impact climatique ne se limite pas à ces dernières: les traînées de condensation (ou contrails en anglais) jouent également un rôle dans le réchauffement provoqué par l’aéronautique. Dans une étude, repérée par CNN, des chercheurs de l’Imperial College London concluent que déplacer un peu plus haut en hiver et un peu plus bas en été moins de 2% des couloirs de vols suffirait à éviter 80% du phénomène.

Pourquoi on en parle. On estime que l’aviation civile est responsable d’environ 2% des émissions mondiales de CO2. L’impact réel des contrails, évalué à 14%, reste encore soumis à un problème d’incertitude sur les chiffres, ce que rappelait Heidi.news récemment. A elle seule, une telle approche n’est bien sûr pas suffisante pour atteindre les objectifs que le secteur s’est fixés pour 2050, mais elle pourrait réduire d’environ 20% le réchauffement du secteur. Toutefois, ces gains climatiques possibles pourraient vite être rattrapés par l’augmentation du nombre de vols, qui a déjà bondi de 50% en une décennie.

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Lire l'article de CNN

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Wikipédia, une utopie qui résiste face au net marchand

Image d'illustration | Martin Knudsen/Flickr/Creative Commons

Lors de ses premières années après sa création en 2001, Wikipédia était considéré au mieux comme une curiosité, au pire comme un fourre-tout à la fiabilité douteuse. Aujourd’hui, malgré ses imperfections, l’encyclopédie collaborative connaît un succès florissant, que raconte Wired.

Pourquoi on en parle. Wikipédia est souvent comparée aux encyclopédies papiers, relate l’article. A la différence près que celles-ci sont désormais en désuétude, et beaucoup de personnes consultent l’encyclopédie en ligne de façon quotidienne. Surtout, elle est la preuve qu’un modèle non-marchand mêlant gratuité et bénévolat peut, à certaines conditions, s'autoréguler, s’améliorer et continuer à fonctionner. Un succès singulier, à l’heure où les promesses de la Silicon Valley semblent plus ternes qu’autrefois.

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Lire l'article sur Wired

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Dans les universités suisses, huit chercheurs sur dix n’ont pas de contrat fixe

Image d'illustration. | Gaëtan Bally / Keystone

Cet article a originellement été publié le 23 septembre 2019. Nous le republions à l'occasion du débat «La Suisse forme-t-elle trop de chercheurs?» diffusé le 17 février 2020 par la RTS.

Dans le système académique suisse, seuls les professeurs bénéficient de postes fixes, à quelques exceptions près. Après l’obtention d’un doctorat, ceux qui veulent poursuivre une carrière dans la recherche et gravir les échelons vers ce statut tant convoité cumulent souvent pendant de longues années des contrats à durée déterminée. Ils forment une armée de chercheurs qui enseignent et publient, sans qui la «machine universitaire» ne tournerait pas, mais qui se battent avec des conditions de travail difficiles et des perspectives incertaines

Pourquoi on en parle. Les incertitudes liées aux carrières dans la recherche universitaire ne sont pas nouvelles, ni propres à la Suisse. Mais le nombre de doctorants en Suisse augmente, ce qui accroît la pression sur le système et accentue la précarité. En 2018, les universités suisses ont décerné 4164 doctorats, contre 3100 en 2005. Les Académies suisses des sciences ont consacré l’an dernier un important rapport à ce sujet sensible. Et la pression est montée d’un cran ce printemps, avec la publication d’une série de revendications de la faîtière des associations de chercheurs, Actionuni.

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Quand le jargon dégoûte de la science

Image d'illustration. | Université d'Etat de l'Ohio

L’usage de termes complexes dans des textes adressés au grand public a des conséquences qui vont au-delà des enjeux de compréhension. Selon une étude américaine publiée dans le Journal of Language and Social Psychology, les personnes exposées à du vocabulaire spécialisé se disent moins intéressées par les sciences que celles exposées à un texte vulgarisé.

Pourquoi c’est intéressant. C’est le grand enjeu de la communication scientifique: comment aborder des thématiques complexes en restant accessible au plus grand nombre, sans céder à des simplifications qui risqueraient de dénaturer le propos? Ces travaux donnent un nouvel éclairage à cette problématique.

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Extinction Rebellion dénonce le secteur privé à Lausanne et Genève

Manifestation d'Extinction Rebellion devant Ifchor, à Lausanne, le 17 février 2020 | Florent Hiard/Heidi.news

Ce lundi 17 février, vers 10h, une manifestation du groupe activiste Extinction Rebellion a débuté en face des locaux de l'entreprise de transport maritime Ifchor, basée à Lausanne. Ils accusent la société multinationale «d'écocide volontaire par appât du gain». D'autres actions avaient lieu au même moment à Genève. En milieu d'après-midi, c'est Nestlé à Vevey qui était visé.

Pourquoi on en parle. Le groupe Extinction Rebellion est coutumier des manifestations de désobéissance civile non-violentes. L’enjeu: alerter sur l'état de l'environnement et pointer du doigt ceux qu'il considère comme responsables de la situation. Aujourd’hui, plusieurs entreprises suisses sont particulièrement visées.

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L'ONU dévoile des timbres à l'effigie d'espèces menacées

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) est un accord international qui définit les espèces dont le commerce est encadré, voire interdit, géré sous l’égide des Nations unies à Genève. A l’occasion d’une conférence dédiée aux espèces migratoires menacées, qui se déroulera du 17 au 22 février en Inde, l’organisation a révélé douze nouveaux timbres (en francs, euros et dollars) représentant des espèces concernées. Par exemple, le vautour égyptien, le grand requin marteau ou l’argali (un ovin sauvage originaire d’Asie).

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Une start-up californienne prétend avoir développé un vaccin candidat contre le coronavirus

Une image du coronavirus saisie par le laboratoire du National Institute of Allergies and Infectious Diseases aux Etats-Unis. |NIAID RML, DR

Inovio Pharmaceuticals annonce avoir produit dans son laboratoire de San Diego un candidat vaccin pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus (Covid-19), rapporte le Los Angeles Times. Le Dr Joseph Kim, directeur général de l’entreprise, indique son intention de commencer à tester ce vaccin chez l’homme aux États-Unis et en Chine dès cet été. L’entreprise travaillait déjà sur un vaccin à base d’ADN synthétique contre le Mers-coronavirus et la mise à disposition du génome du nouveau coronavirus leur a permis de transposer rapidement leurs avancées.

Pourquoi c’est important. Un temps limitée à l’Asie et aux pays occidentaux, l’épidémie est en train de prendre pied en Afrique et au Moyen-Orient. Les chercheurs et les industriels sont engagés dans une course pour trouver à la fois des traitements et un vaccin contre Covid-19. Sur plus d’une dizaine de projets dans le monde, le candidat vaccin d’Inovio (INO-4800) est jugé sérieux: il fait partie des quatre retenus par la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (Cepi), et a reçu 9 millions de dollars d’aides à ce titre. Il fait l’objet d’une coopération avec le laboratoire chinois Beijing Advaccine Biotechnology.

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A lire dans le Los Angeles Times (EN)