Illustration Anaïs Lou pour Heidi.news

Requins et têtards dans le même bassin

De multiples facteurs expliquent les fortes tensions politiques qui crispent Yverdon depuis plus de dix ans. Nombreux sont ceux qui dénoncent un climat de règlement de comptes ainsi qu’une discipline de vote exacerbée empêchant tout dialogue entre les partis. À croire les observateurs, la ville du nord-vaudois est également le terrain d’entraînement préféré des ambitieux souhaitant affûter leurs armes avant de viser plus haut. Problème: face à eux, certains élus ne seraient tout simplement pas au niveau.

Après avoir plongé tête la première dans l’ambiance délétère qui ronge la politique yverdonnoise et tenté de démêler les réseaux faisant tourner la Ville, il est temps de respirer un grand coup. Les miasmes de plus de dix ans de tensions ont de quoi faire tousser tout le monde, même ceux qui portent le masque avec application. Afin de comprendre les raisons de cette situation, direction l’Université de Lausanne où le jeune retraité René Knüsel a accepté de poser son regard bleu perçant sur cette politique cantonale qu’il connaît si bien.

«De manière générale, on observe un renforcement de la gauche dans les villes vaudoises sauf quelques exceptions comme Yverdon, qui est pourtant une commune où la tradition ouvrière est très forte», commence le politologue. Mais cette tradition s'est peu à peu étiolée depuis les années 90 et la disparition des grosses industries - comme le fabricant de batteries Leclanché et l'entreprise Ernest Paillard spécialisée, entre autres, dans les machines à écrire -  qui faisaient vivre la ville et une partie de ses habitants. Pour se relever, Yverdon a dû trouver des solutions, notamment en misant sur le secteur tertiaire et la high-tech avec la Haute école d'ingénierie vaudoise et le parc scientifique Y-Parc. L'exposition nationale Expo 02 fut, entre autres, l'une des étapes marquantes de ce renouveau.

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