Dessin: Anaïs Lou pour Heidi.news

«Ce sont toujours les mêmes»

Pour ne rien arranger à l'ambiance détestable qui pourrit la vie publique yverdonnoise, les débats sont régulièrement marqués par une rumeur soupçonnant l'existence d'une caste de chefs d'entreprises privilégiés par la Ville. «Ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent, notamment dans le domaine de la construction.» Et si l’influence des clubs-services, très présents à Yverdon, est pointée du doigt par certains, d’autres n’y voient qu’un phénomène naturel lié à la taille de la cité.

À Yverdon, un homme est inquiet: Jean-Luc Wacker, un architecte genevois installé dans la cité nord-vaudoise depuis 1987. Après avoir échangé par téléphone, nous convenons d’une rencontre. Le sexagénaire préférant rester discret et les terrasses de la place Pestalozzi étant trop exposées, c’est dans une étrange petite boutique mêlant vente de lingerie et café cosy que nous atterrissons finalement. Là, il confie ses craintes: «Ce ne sont pas seulement les politiques qui contrôlent la ville, il y a des gens de l’ombre qui ont une grande influence sans être élus.»

Le propos peut paraître un brin complotiste. Alors l’architecte précise immédiatement qu'il ne parle pas d'une manipulation secrète mais plutôt de mécanismes, d'intérêts communs, qui se sont mis en place avec le temps et qui font désormais fonctionner Yverdon, avec toujours les mêmes personnes aux manettes. Et si l’homme tient à faire part de ses observations, c’est qu’il pense que cette concentration du pouvoir est un sérieux handicap pour la capitale du Nord-vaudois. «Il y a une petite minorité qui oriente le développement d'Yverdon-les-Bains, principalement dans le sens des ses propres affaires, en dehors du pouvoir démocratique. À cause de cette situation, la ville ne se développe pas comme elle devrait, les intérêts de cette minorité passent avant ceux de la collectivité», regrette-t-il.

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