Sabrina Kohler, curatrice de l'espace alternatif «Je vous propose» à Zurich. Photo: Kostas Maros pour Heidi.news
Voyages en art suisse | épisode № 02

Un prosecco avec la salonnière du Kreis 4

Et si la vigueur de la scène artistique se remarquait moins dans les institutions - qui concentrent pourtant la majeure partie des financements publics - que dans les lieux alternatifs? Je rends visite à Sabina Kohler, figure zurichoise, qui a ouvert ce qu’on appelle un «offspace», un lieu d’art alternatif. Il s’appelle «Je vous propose». De l’avis d’une spécialiste, tout ce qui finit au musée a commencé, d’une manière ou d’une autre, dans ces espaces indépendants.

A travers la vitrine encore éclairée, je fais un petit signe coupable à la dame assise dans l’arrière-salle qui se lève et vient m’ouvrir. Désolée, léger retard… Deux yeux un peu trop brillants me sourient au-dessus du masque. Elle se présente: Sabina Kohler. J’entre dans son minuscule espace d’exposition, murs blancs recouverts d’une demi-douzaine d’œuvres d’un folklore suisse revisité. Elle m’entraîne à l’arrière: «Un prosecco?» propose-t-elle. La personne avec laquelle trinquait Sabina en m’attendant se lève, prend son manteau. J’apprends qu’elle travaille pour la Fondation UBS pour la culture. Elle reviendra.

L’espace d’exposition, la cuisine, le frigo, tout est minuscule au 21 Molkenstrasse, dans le très animé Kreis 4 de Zurich. Tout sauf l’ambition. Sabina Kohler est une figure de la scène artistique zurichoise. Avant, elle était galeriste. Et encore avant, elle était pharmacienne. Des études d’art moderne et contemporain chez Christie’s Education à Londres, un stage dans une galerie d’art zurichoise puis elle lance sa propre affaire, et passe dix ans à découvrir et encourager les talents, à les confier aux acheteurs et au public.

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