Les trois bâtiments concernés par le projet à env. 250 millions de francs. DR

Nouvelle étape pour un musée du futur à Genève

Marc-Olivier Wahler, directeur du Musée d'art et d'histoire de Genève, a beau être contesté, il a présenté au conseil municipal un projet d'extension de son musée, qui plaît beaucoup.

Genève pourrait faire de son retard un atout. Après l’échec du concept Jean Nouvel en 2016, le projet d’agrandissement du Musée d’art et d’histoire de Genève vient de franchir une nouvelle étape. Le directeur Marc-Olivier Wahler a présenté sa vision du futur musée au Conseil administratif à la fin août. Fini le geste architectural: le musée de demain est conçu comme un périmètre intégré dans la ville et comprenant plusieurs bâtiments existants.

Le Musée d’art et d’histoire de la rue Charles-Galland reste le cœur de cet îlot artistique, qui va de la promenade du Pin à la butte de l’Observatoire et du boulevard Helvétique au boulevard Jaques-Dalcroze. Quelque 28'000 mètres carrés d’exposition sont nécessaires, soit environ le double des espaces du musée actuel. Le projet intègre le bâtiment qui vient d’être libéré par la Haute école d’arts et de design de Genève, la HEAD, qui a regroupé ses activités aux Charmilles grâce à la construction d’un nouvel édifice pour les arts visuels inauguré début juillet. Le bâtiment du boulevard Helvétique sera assaini et remis aux normes, mais utilisé tel qu’il est.

«L’idée n’est pas de créer un nouveau contenant mais de relier le musée à la ville dans un cadre naturel et de placer le visiteur au centre des collections», explique Marc-Olivier Wahler, qui endosse une idée conçue avant son arrivée mais qui rencontre ses convictions sur ce que doit être un musée demain. «Les études qui paraissent actuellement vont toutes dans le même sens: il faut casser ce côté intimidant et autoritaire du musée et rendre son contenu aux visiteurs. Voilà quelques années que l’on sait que nos musées sont dépassés. Aujourd’hui, avec l’ère post-covid et les considérations écologiques, il est devenu urgent de concrétiser un nouveau modèle».

Le projet actuellement en préparation n’a donc pas le côté spectaculaire de la couverture imaginée par Jean Nouvel ou de l’extension de David Chipperfield qui sera inauguré à Zurich début octobre. Mais il ne sera pas moins cher. Le coût est en effet estimé entre 6'500 et 8'500 francs le mètre carré, soit environs 250 millions de francs, un montant équivalent au coût des extensions de Bâle et de Zurich. Les prochaines étapes seront cruciales: un crédit pour une étude de faisabilité devra être voté au début de l’année prochaine. Il s’élèvera à 10% du coût total du projet. Si le crédit est accepté, un concours d’architecture international pourra être lancé en 2023, pour un début des travaux en 2026 et une ouverture du musée en 2030.

L’avancée du projet dépendra beaucoup du sort de Marc-Olivier Wahler, entrée en fonction il y a deux ans. Sa gestion est contestée par une pétition signée par une centaine de personnalités qui demandent sa révocation. Sera-t-il ou non titularisé? On le saura en novembre.

Tableau de bord climat

Un suivi interactif des grands indicateurs du dérèglement climatique et de ses solutions.