Augustin Rebetez dans sa ferme de Mervelier. | Photo Kostas Maros pour Heidi.news
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Dans la ferme d'Augustin Rebetez, le petit doué de l’Arte povera jurassien

Le plasticien, photographe, performeur (et quoi d’autre?) Augustin Rebetez mène une carrière internationale depuis son village de Mervelier, dans le Jura. C’est possible, à condition d’avoir du talent, de la débrouille et un très bon réseau. Visite à la ferme.

Publié le 12 novembre 2021 08:00. Modifié le 13 novembre 2021 08:25.

Sous ses airs patibulaires, il te fait comprendre que tu es une privilégiée. Entrer chez lui, comme ça, un après-midi qu’il pourrait passer à bidouiller quelques sons, ça n’est pas donné à tout le monde. Le dernier journaliste s’est contenté d’un café sur une terrasse. Au téléphone, je lui ai proposé de venir avec John Armleder. Asseoir le seigneur Fluxus de Genève en face du petit doué de l’Arte povera jurassien, assister à leur discussion sur l’art d’aujourd’hui, les voir s’engueuler, ça m’aurait bien plu. Mais Augustin, qui a son petit caractère, n’a pas été emballé par l’idée. Et me voici donc seule, une bouteille d’eau de vie à la main en gage de remerciement, à sonner sur le perron de la maison foutraque du Jurassien.

Entre Augustin Rebetez et moi, c’est une histoire de subventionné et de subventionneuse. Je suis responsable de l’Office de la culture de son canton, le service par lequel transite les aides à la création. Sur la longue route qui traverse les villages du Val Terbi, à l’est de Delémont, je ne peux pas m’empêcher de craindre que ce rapport ne plane sur nos discussions. Et qu’il ait été à l’origine de la faveur qu’il me fait de me recevoir à la ferme. Je suis parfaitement rassurée quand, dans le vestibule, il me tend une paire de pantoufles en m’expliquant que sa copine vient de passer l’aspirateur.

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