Michel Grillet, Mémoire de paysage, 2015, gouache sur pastilles de gouache, 2,9 x 3,4 x 0,9 cm chacune, propriété de l’artiste
Voyages en art suisse | épisode № 13

Attention, l’art peut encore contenir des traces de suissitude (part I)

Depuis la création de la Suisse moderne, la peinture alpestre a offert à l’identité nationale un espace pour se projeter. On pourrait croire que cette peinture-là est définitivement passée de la galerie à la brocante. Elle réapparaît pourtant sous des formes nouvelles, comme dans les minuscules pastilles du Genevois Michel Grillet, que je rencontre à Vésenaz, près de Genève.

Je me suis rendue au Palais fédéral une petite dizaine de fois pour couvrir des débats qui n’intéressaient pas les journalistes parlementaires. L’introduction d’une loi suisse pour financer la culture par exemple. Ou une querelle autour de l’aide aux films suisses. Les débats sont souvent longs sous la Coupole et j’avais tout mon temps pour regarder autour de moi. J’ai donc pu détailler tous les nuages de la fresque de Charles Giron qui décore la salle du Conseil national, un travelling époustouflant sur la plaine du Rütli et le lac des Quatre-Cantons, une vue qu’on penserait prise par un drone si elle ne datait pas de 1902.

Je me suis souvent demandée pourquoi, à l’endroit symbolique où on s’attend à trouver un épisode de l’histoire suisse, on avait fait peindre un paysage par un Genevois.

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