La performance TEARS de l’artiste britannique Monster Chetwynd à Art Basel le 21 septembre 2021, qui s'inspire du bijou en forme d'œil qui pleure de Salvador Dali. (KEYSTONE/Georgios Kefalas)
Voyages en art suisse | épisode № 03

Art Basel 2021 fait comme si la planète n’avait pas cessé de tourner

La plus grande foire d’art du monde ouvre vendredi, après deux ans et demi d’absence. Mais comme d’habitude, les clients VIP auront tout vu et seront déjà repartis quand vous aurez le droit d’entrer. Je me suis glissée parmi eux.

Art Basel la rescapée est de retour. Lundi 20 septembre 2021, assise dans la lumière du cratère creusé  au-dessus de la place par les architectes Herzog et de Meuron, je tente de repérer ce qui a changé depuis la dernière édition en 2019.

Voyons… Bien sûr, la saison est différente, c’était d’habitude avant l’été: nous sommes là plus proches de la fête de la bière que des baignades dans le Rhin. En retrait de la Messeplatz, le partenaire automobile a remplacé ses limousines noires à essence par la nouvelle BMW iX «créée pour l’électromobilité» afin de transporter les clients les plus riches en toute bonne conscience. Et il y a bien cette immense tente grisâtre plantée à côté de la tour de la Messe, à l’endroit où nous avions l’habitude, en juin, de voir le chapiteau du cirque Knie. Cette année, on y trie le public façon Ellis Island. Il y a la file des certifiés suisses et européens. Celle des certifiés de plus loin – qui augmentera avec l’annonce fédérale du jour sur la reconnaissance d’autres vaccins. Et celle des bientôt testés.  Le bracelet noir que l’on m’a scellé autour du poignet atteste de mon état sanitaire pour la semaine.

A part ça, c’est un peu comme si le monde n’avait pas changé. Les efforts de la foire pour que tout soit comme avant sont bluffants. Je retrouve la même foule contenue, celle des élégants à lunettes stylées et tote bag en coton recyclé qui traversent à toute allure la Messeplatz. Curatrices, étudiants, artistes, directeurs, j’y croiserai la plupart des personnages de mon exploration comme dans un générique de fin. Pas de doute, après avoir usé la toile pendant un an et demi, le monde de l’art s’est réanimé. Ce lundi, comme de coutume, les prix suisses d’art et de design – que l’on nomme en anglais depuis bien avant le pangolin – ouvrent la semaine bâloise dans la halle du fond. «Liste», la foire d’art alternative, a déménagé des entrepôts Warteck dans une halle très conventionnelle, juste à côté des Swiss Awards, mais la pandémie ne semble pas y être pour grand-chose.

Où est la cicatrice de la pandémie?

Oui, Art Basel est de retour, avec ses rites qui rassurent. Le nombre des galeries présentes est pratiquement le même qu’il y a deux ans et demi. On mise sur à peu près 80% du public de ces dernières éditions. Il faudra compter au moins sans les visiteurs Asiatiques, m’avait-on annoncé à Bâle Tourisme.

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