Mener une vie active et structurée est une des clefs. | Axelle de Russé pour Heidi.news

Une vie structurée

Toujours en quête du secret de ces seniors à la pulsion de vie admirable et communicative, nous posons ici une deuxième hypothèse, après celle du parcours formateur: l'art du tempo quotidien qui requiert une sacrée discipline.

Publié le 16 juin 2021 08:00. Modifié le 17 juin 2021 17:56.

«Les plus de 75 ans s’en sont le mieux sortis», constate Laurine, kinésithérapeute, qui se déplace en ville au domicile de ses patients. Ca l’a frappée pendant le premier confinement, au printemps 2020. Ses patients les plus âgés ont moins souffert, psychologiquement, que les autres. «Ce sont ceux qui ont été le moins perturbés. Pourtant, c’était dur parce qu’ils ont été privés de de stimulations externes.»

La psychologue Marie de Hennezel, connue pour ses ouvrages sur la fin de vie, le constate aussi: «J’ai entendu nombre de personnes entre 80 et 100 ans, autonomes, vivant dans des résidences services, parler de leur vécu résilient du confinement et oser affirmer que cette expérience les avait rendus plus forts», écrit-elle dans une tribune publiée dans Le Monde (que vous pouvez retrouver ici). «Et si les plus âgés, que nous avons voulu protéger en les infantilisant parfois, en les privant de leur libre choix de décider ce qui était essentiel pour eux, étaient en fait nos maîtres en la matière?»

Selon un rapport intitulé «Les 65 ans et plus au cœur de la crise Covid-19» (à lire ici), une personne interrogée sur trois a estimé que la crise avait eu un impact négatif, voire très négatif sur son moral durant la première vague de la pandémie en Suisse. Mais, nuance de taille, ce sont les 65-69 ans qui ont été les plus concernés, tandis que les plus âgés se sont déclarés moins affectés. Surtout, la moitié des seniors interrogés ont estimé que la crise sanitaire n’avait pas eu d’impact sur leur moral. Pour plus de 10%, l’impact a même été positif.

Selon un sondage mené en mars 2020 par l'institut Sotomo, toujours en Suisse, les 25-35 ans sont ceux dont le moral a le plus baissé. Laurine, la kiné, fait partie de cette classe d’âge et elle se demande elle aussi, comme nous depuis le début de cette Exploration, si les femmes et les hommes de plus de 75 ans n’ont pas un secret dont elle ferait bien de s’inspirer. Et d’oser à son tour cette hypothèse: qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, les seniors ont des journées structurées. Et Laurine pense que ça les a aidés.

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La plupart des seniors que nous avons rencontrés s'efforcent de ne pas remettre leurs tâches au lendemain. | Axelle de Russé pour Heidi.news

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