Edouard profite du soleil matinal dans sa maison de Villars-sur-Fontenais. Le 13 avril 2021. | Axelle de Russé pour Heidi.news

On vieillit comme on a vécu

Publié le 12 juin 2021 05:45. Modifié le 14 juin 2021 17:45.

Les statuettes africaines, les peignes japonais et les masques indonésiens forment des attroupements sur toutes les étagères du salon, tels de petits bataillons. Je ne peux pas m’empêcher de me demander qui fait la poussière puisque des «Non» griffonnés sur des pages blanches les coiffent et les cachent à moitié. «C’est pour la femme de ménage», soupire Yvette, 91 ans, dans sa marinière et son pantalon blanc. Sans que je sache si ce soupir naît de tant collectionner ou s’il s’adresse à la personne qui ne doit pas épousseter. Rapidement, «ça a débordé de partout dans l’appartement».

Yvette en rangeait jusque sous le lit. La jeune sculpteure fraîchement mariée ne pouvait pas s’en empêcher. Elle s’était découverte collectionneuse. Déjà adolescente, après la période des voyages à vélo en Asie (voir épisode 1), la jeune fille «bronzée comme un pruneau» avait acheté à Limassol, Chypre, une statuette qu’un musée vendait. Une «petite tête grecque…!» Sa première pièce. Evidemment, ça a empiré avec le temps. Au début, son mari Michel n’a pas apprécié. Il trouvait cela encombrant. Aujourd’hui, dans leur grand appartement avec vue sur les toits, c’est lui qui me fait admirer leurs trouvailles. «J’ai fini par apprécier», confie-t-il, à 92 ans.

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