Dans les rues de Sidi Bouzid | Sami Zaïbi / Heidi.news
Tunisie, 10 ans après | épisode № 05

Sidi Bouzid, le berceau désenchanté des printemps arabes

Dans le berceau de la révolution, je découvre la «vraie Tunisie», celle qui ne rit plus et qui est prête à tout pour assurer sa survie. En tout cas jusqu’au lendemain.

La C125 transperce Sidi Bouzid de part en part, tout droit, comme si la ville de 49’000 habitants n’était qu’une escale anecdotique sur son parcours vers l’Algérie. Elle change juste de nom sur trois kilomètres, pendant lesquels un amas de maisons blanches et brique, inachevées, se substitue aux vastes plaines d’oliviers constellées de sachets plastiques. Elle devient alors Avenue Mohamed Bouazizi, du nom du vendeur à la sauvette qui s’était bouté le feu il y a dix ans; enfin en théorie, parce que les panneaux indiquent toujours Avenue Habib Bourguiba.

«Sidi Bouzid, c’est une rue et voilà», m’avait prévenu mon oncle Hatem. Il n’avait pas tort. La rue au revêtement flambant neuf concentre les rares restaurants et commerces. «Derrière, à gauche et à droite, c’est le ghetto», résume le chauffeur du taxi qui m’emmène vers le centre. Quand je lui demande où est le calculateur du prix de la course, il rigole. «Ici, pas de compteur, mon ami.»

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