Kari, retraitée genevoise, dans l'hôtel The Russelior.

Sans touristes, Hammamet se débrouille entre EMS et télétravailleurs

La Hammamet européenne et balnéaire des vacances de mon enfance a disparu. Tandis que les hôtels vides sont réaffectés en maison de retraite, les Hammamétois se risquent à de rocambolesques fouilles archéologiques illégales.

Il suffit d’un effluve de jasmin pour que j’y replonge. Ces nuits moites dans le quartier Mimosa de mon enfance, petit paradis perdu de bungalows privés au bord de mer, quand je jouais avec mes amis d’un été, des Tunisois ou des Français qui parlaient tous la langue de Molière. Entre résidents français et vacanciers tunisiens, l’harmonie et la tolérance régnaient.

Depuis, l’atmosphère a changé. Avec l’islamisation de la société et l’affluence des touristes algériens, les burkinis ont remplacé les bikinis. Les vendredis et pendant le ramadan, les rayons alcool de Monoprix et Carrefour sont désormais obstrués d’une grille. Pendant le jeûne, les terrasses des quelques restaurants ouverts se planquent sous de grandes tentes blanches. Je me souviens de ce dîner familial au restaurant, il y a quelques années, où, lorsque l’on a commandé du vin, le serveur nous a déplacés dans une salle annexe, car «il ne faut pas choquer». Cela avait mis mon père hors de lui.

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