Dessin: Antoine Maréchal pour Heidi.news

Un ranch pour Avni Orllati

Nos deux enquêteurs relèvent le nez de leurs classeurs fédéraux de documents et retournent sur le terrain. Pour faire d'incroyables découvertes. Le groupe Orllati a acheté plus de 200 parcelles dans le canton de Vaud, au dessus des réserves de sable et le long des lignes ferroviaires. Holcim suit le mouvement, avec un train de retard. Les grands perdants sont les paysans, qui perdent leurs champs quand les gravières s'en emparent, bien plus cher et déguisées en sociétés agricoles. Les autorités et l'association Prométerre savent tout, mais ne font rien.

Autant vous dire qu’aujourd’hui, nous commencerons par un savon de notre rédacteur en chef. Il nous écrit ceci à propos de l’épisode précédent, qu’on lui a remis en retard:

«Je sais que c’est une enquête compliquée, mais quand même: vous pourriez vous relire! À haute voix, en profondeur, en vous mettant à la place du lecteur! S'il y a un point commun entre vous deux, c'est un rapport dyslexique et parano à l'orthographe! Je corrige les mêmes fautes par dizaines depuis le début de cette explo. Il n’y a pas de majuscule à titan, à jass, à joker... Pas de S à quatre, pas d’umlaut à Buren! Et nom d’une pipe, quand vous écrivez Cracoucass, un mot qu'on ne tape pas tous les jours, reprenez le super article du Temps: pas de E à la fin! Et surtout, votre prose s’essouffle. Ça valse pas comme avant. Vous avez trop le nez dans vos classeurs de documents. Prenez un sandwich et retournez sur le terrain, parlez aux gens, essayez de piger enfin ce qui se passe!»

Nous avons donc ravalé notre fierté et acheté des sandwichs de la veille, en solde. Faisons le point:

Nous connaissons maintenant l’origine de la guerre des gravières: c’est ici même, à Ballens, en 2013. Nous en connaissons les causes: d’abord une diminution des réserves de sable, puis une explosion de la rentabilité des gravières. L’espace créé par l’extraction du sable vaut désormais presque autant que le sable lui-même à cause de l’explosion de la production de déchets de chantiers. Chaque année le canton en produit une pyramide de Khéops et les projections sont implacables, à partir de 2025 toutes les décharges du canton ne suffiront plus à absorber tout ce bazar.

Les jeunes et les vieux seigneurs du béton s’affrontent donc sur ce terrain très lucratif. Or nous pensons sincèrement qu’Avni Orllati est un stratège hors du commun. Il n’aurait jamais déclaré la guerre du sable au géant Holcim sans un plan bien établi. Ce qui nous manque encore, c’est une vue d’ensemble du champ de bataille.

Cet article est réservé aux abonnés.

S'abonner

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous