Dessin: Antoine Maréchal pour Heidi.news

Le coup de poker d’Orllati

Nous avons raconté l'hégémonie mondiale du groupe LafargeHolcim et l'ascension fulgurante du groupe Orllati. Ces deux titans se retrouvent sur un champ de bataille: le bois de Ballens. Là, le jeune seigneur Orllati va profiter d'avoir embauché un ancien cadre du grand Holcim pour s'emparer de la future carrière, celle qui pourrait fournir du sable au canton de Vaud pour les 30 prochaines années. Victimes collatérales: trois sœurs sous pression.

Désormais, grâce à Miguel Sanchez, Avni Orllati a un joker: un accès à des informations précieuses sur la future bataille de Ballens. Il sait donc certainement que pour une raison incompréhensible, Holcim n'a signé qu’une fragile convention avec feu Nicolas de Buren en 2001 et que depuis sa mort en 2005, le droit d’exploitation octroyé à Holcim sur cette parcelle n’est toujours pas inscrit au registre foncier. Traduction: leur droit n’est pas encore gravé dans le marbre. Bien que sans garantie de réussite, une tentative d’invalider cette convention est possible légalement, si le groupe Orllati parvient à racheter le bois.

Rappelons, comme nous l’avons vu dans le 2e épisode de notre première Exploration, que le gisement de sable de Ballens est le plus gros du canton. Il est réparti sur deux parcelles: celle appartenant à la commune de Ballens et celle de la famille de Buren, plus petite mais plus intéressante car plus proche de la ligne de chemin de fer du BAM (Bières-Apples-Morges). Et surtout, c’est celle sur laquelle Holcim a échafaudé tout son projet de méga-gravière. 6,5 millions de m3 de sable, un revenu brut potentiel de près de 400 millions de francs si l’on tient compte de profits qu’engendre le remplissage des trous de carrière avec des déchets de construction.

Le baron pressé

C’est ça, le coup de poker du groupe Orllati, qui a préféré ne pas répondre à nos questions: souffler au nez et à la barbe d’Holcim l’énorme gisement de sable et devenir à la place de la multinationale le fournisseur de sable et de béton pour les chantiers vaudois ces trente prochaines années.

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