Péripéties japonaises | épisode № 11

Amitiés et distance culturelle

Je suis arrivée dans l’entreprise T. tel un animal exotique. On aimait bien me montrer, mais je restais une espèce sauvage traitée différemment et, donc, souvent mise à l’écart.

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A partir du 4ème ou 5ème mois dans l’entreprise, j’étais à bout de nerfs. Mon travail était monotone, je n’apprenais pas grand-chose, je me sentais seule et le poids de la culture d’entreprise japonaise pesait lourdement sur mon moral. Une de mes collègues s’en est rendue compte et a voulu me changer les idées.
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C’est ainsi que j’ai rencontré celles qui allaient être mes amies et mes soutiens pour les trois ans à venir. Au bureau, elles ne montraient qu’une facette d’elles-mêmes. J’avais passé des mois à les côtoyer mais c’était comme si je les rencontrais pour la première fois.
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Elles m’ont expliqué les non-dits et m’ont guidée dans les méandres de la culture japonaise. Sans elles, je n’aurais rien su décrypter et j’aurais probablement fait encore plus d’erreurs. Mes deux amies coréennes m’ont particulièrement soutenue. Nous nous sentions plus proches puisque toutes les trois étrangères. D’une manière générale, notre façon de penser et nos réactions étaient plus proches.
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Je dois avouer que tresser des liens d’amitiés forts avec des Japonaises reste très complexe. Malgré leurs visages sympathiques et chaleureux , j’avais souvent l’impression d’être l’invitée du groupe sans en faire vraiment partie. C’était parfois difficile à supporter. Il faut dire que, souvent, je me tirais des balles dans le pied. Mon côté latin prenait le dessus, je parlais trop, je faisais le show et ensuite je me trouvais stupide d’avoir agi de la sorte.

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Heureusement, mes amies coréennes étaient plus directes, avec elles on pouvait aborder tous les sujets. Elles ont souvent servi d’intermédiaires pour m’expliquer les nuances de la pensée féminine japonaise, elles réparaient discrètement mes erreurs et mes faux pas.
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Avec le temps, j’ai réussi à atteindre un certain équilibre. J’ai accepté, à contrecœur, que je ne serais qu’exceptionnellement l’amie de mes collègues japonaises (du moins dans le sens occidental du terme). Nous fonctionnions par échange de bons procédés, je faisais des remarques au chef de département à leur place et elles m’expliquaient la multitude de choses que je ne comprenais pas.
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Je leur suis extrêmement reconnaissante. Elles m’ont pris sous leur aile malgré mes gros souliers et ma fâcheuse tendance à exposer mon opinion même quand on ne me la demandait pas. Pour elles aussi, le choc culturel a dû être difficile à gérer.
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