De gauche à droite, trois protagonistes du conflit social suite à la fermeture du Matin: Pietro Supino, Serge Reymond et Nuria Gorrite. Dessin: Berto Martinez
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Le crépuscule du «Matin»

C’est le récit funeste de la mort annoncée d’un quotidien populaire, structurellement dans les chiffres rouges, que Tamedia a exécuté en manifestant peu d’égards pour les employés et les autorités vaudoises. Dans ce choc des cultures, on croise Wawrinka et Federer, un mathématicien et d’irréductibles grévistes.

Publié le 10 décembre 2020 05:58. Modifié le 31 août 2022 14:41.

La journée du 4 juillet 2018 a été radieuse. Ce soir-là, sur les hauts de la Riviera vaudoise, la température est encore très agréable, idéale pour porter une tenue chic décontractée sur la terrasse de la villa de Claude Nobs. Le fondateur du Montreux Jazz Festival est décédé depuis cinq ans, mais sa résidence abrite la fondation du festival et reste un de ces lieux où se mélangent le pouvoir, l’argent, la culture et les paillettes.

La présidente du Conseil d’Etat vaudois, Nuria Gorrite, y croise l’éditeur de Tamedia, Pietro Supino. «Fortuitement», dit-elle, sourire en coin. La discussion s’engage, cordiale, malgré le contexte très tendu: les rédactions romandes du groupe zurichois sont en grève depuis deux jours pour protester contre la disparition de la version imprimée du Matin, prévue le 21 juillet. Est-ce le buffet exquis ou la vue, superbe, sur le Léman et les contreforts du Chablais français? Toujours est-il que l’élue socialiste parvient à convaincre l’éditeur zurichois d’accepter la médiation du gouvernement cantonal dans le litige.

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