Pietro Supino, président du Conseil d'administration de Tamedia, ici lors d'une présentation des résultats du groupe à Zurich en mars 2015. KEYSTONE/Anthony Anex
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32 questions à Pietro Supino

Pietro Supino n’a pas répondu à ce jour (9 décembre 2020) à la liste de 32 questions que nous lui avons adressées tout début septembre. En août, il avait d’abord accepté le principe d’une interview, avant de demander que cela se déroule par écrit, puis de poser, tout au long de l’automne, une série de conditions, auxquelles nous avons accédé. Aux dernières nouvelles, il attend la parution de cette série pour se décider. Nous publions donc ici la liste des questions et si des réponses nous parviennent, nous les publierons dans leur intégralité.

15 questions d’ordre personnel

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  1. Votre groupe n’a connu en 127 ans que 4 éditeurs avant vous, ce qui est remarquable. Lequel vous inspire le plus?

  2. Est-il exact que votre première mission importante au sein du conseil d’administration a été le pilotage de l’entrée en bourse de Tamedia en octobre 2000?

  3. Quel rôle a joué Charles von Graffenried dans votre parcours professionnel et personnel?

  4. Avez-vous une figure tutélaire dans la presse ou le journalisme que vous admirez et qui vous inspire?

  5. Qu’est-ce qui vous a marqué lors de votre formation à la Columbia Journalism School?

  6. Vous avez été désigné président du conseil d’administration par les membres de votre famille, unie par un contrat de fidélisation. Est-ce plutôt un honneur ou une lourde charge? Pourquoi?

  7. Un groupe de presse et de e-commerce détenu en majorité par une famille, est-ce encore un modèle adapté au monde actuel?

  8. Les membres de votre famille veulent des dividendes, et les rédactions aimeraient de l’investissement dans leurs contenus. L’un des deux a-t-il raison, et comment arbitrez-vous ce conflit?

  9. Vous êtes membre du conseil d’administration de Gruppo Editoriale à Prato. C’est pour vous un mandat un peu sentimental lié à votre enfance italienne ou c’est plutôt la préfiguration d’un destin davantage européen pour Tamedia?

  10. Après l’OPA sur PubliGroupe, en 2014, le surnom de «Smiling knife» vous a été attribué en interne. Vous reconnaissez-vous dans ce surnom?

  11. Votre rémunération en tant que président du conseil d’administration atteint depuis plusieurs années 1,6 million de francs. Selon la fondation Ethos, c’est un montant quatre fois supérieur à celui de dirigeants de firmes de taille comparable, également cotées à la Bourse suisse, comme Valora, Metall Zug, Vetropack. Comment justifiez-vous cette rémunération?

  12. Dans votre parcours professionnel (antérieur à 2007), vous avez participé à la création de sociétés offshore et fiduciaires. Vous y avez également consacré une thèse de doctorat. Or la cellule enquête de Tamedia a participé à de grandes opérations avec le consortium ICIJ qui ont dénoncé ces constructions offshore. Comment êtes-vous parvenu à concilier les deux?

  13. Pourquoi êtes vous devenu favorable à l’aide indirecte à la presse après avoir longtemps estimé qu’elle n’était pas nécessaire?

  14. Pourquoi êtes-vous tellement opposé à l’aide aux médias électroniques?

  15. Quelle importance les membres de la cinquième génération de votre famille accordent-ils à la presse dans la conduite des affaires de TX Group?

13 questions liées à TX Group

  1. La rémunération des membres de la direction dépasse aussi celle de firmes de taille comparable – cotées à la Bourse suisse. Pourquoi?

  2. En mars 2013, Tamedia a imposé à ses rédactions, du moins en Suisse romande, un objectif de rentabilité de 15% par titre. Pourquoi fixer et maintenir un tel objectif, sachant que plusieurs titres ne pourront jamais l’atteindre? Cet objectif est-il toujours en vigueur? Si non, quand a-t-il été abandonné et quel est l’objectif de rentabilité actuel demandé aux titres?

  3. Plusieurs cadres, ou anciens cadres, affirment que les frais de groupe facturés par les services centraux de Tamedia/TX Group à ses titres sont opaques et trop élevés, notamment en ce qui concerne l’informatique et les loyers. Comment sont calculés ces frais?

  4. Plusieurs cadres, ou anciens cadres, affirment que le groupe a imputé les frais de la célébration de son 125e anniversaire aux titres en fonction de leurs effectifs et que ceux-ci pouvaient atteindre plusieurs dizaines de milliers de francs par rédaction. Est-ce exact?

  5. Est-il exact de considérer, comme l’affirment ces cadres ou anciens cadres, que le groupe a extrait – d’une façon parfaitement légale – le cash flow de ses titres notamment pour financer les investissements du groupe dans d’autres secteurs d’activités?

  6. Plusieurs sources indiquent l’existence d’un débat stratégique au sein du conseil d’administration. Les petites annonces, qui ont migré sur les plateformes, doivent-elles continuer à financer la presse comme autrefois? D’après ces sources, le débat a été tranché: les places de marché ne financent pas la presse et les titres doivent générer leurs propres recettes pour assurer leur pérennité. Confirmez-vous l’existence et l’issue de ce débat? Et quelle était votre position personnelle à ce sujet?

  7. Vous considérez-vous comme l’architecte de la stratégie de diversification du groupe en dehors du champ des médias, à travers notamment l’acquisition des places de marché?

  8. Considérez-vous que TX Group demeure un groupe de presse, au vu de sa diversification et au regard de ses activités les plus rentables?

  9. Tamedia s’est vu proposer plusieurs MBO (Management Buy-Out, rachat de l’entité par ses cadres), notamment pour Le Matin, Bilan et Finanz und Wirtschaft. Ces MBO ont systématiquement été rejetés alors que ces titres étaient en difficulté. Pourquoi avez-vous rejeté ces rachats? Pouvez-vous citer des exemples d’investissements réalisés spécifiquement en faveur de ces titres?

  10. TX Group éditera-t-il encore des journaux imprimés en 2030?

  11. Pourquoi 20Minutes ne fait-il pas partie de l’entreprise Tamedia?

  12. En 2018, Tamedia a accéléré la faillite de Publicitas en étant le premier (et le plus important) client à interrompre sa relation d’affaires. Dans votre rapport annuel 2018, Christoph Tonini écrit: «Le résultat inclut notamment aussi une correction de valeur sur des créances à hauteur de 6 millions de francs, suite à la faillite de Publicitas.» Les pertes ont été parfois très importantes chez d’autres éditeurs, proportionnellement supérieures à celles de Tamedia. Certains de ces éditeurs affirment que trouver une solution concertée au sein de la branche eût été possible. En votre qualité de président de VSM, avez-vous tenté de trouver une solution plus concertée pour minimiser les pertes des autres clients de Publicitas?

  13. Toujours concernant Publicitas, Christoph Zimmer a indiqué à l’ATS le 11 mai 2018 que Tamedia avait signé un accord de cession de créance avec Publicitas deux ans avant la faillite (22 juillet 2016), ce qui explique que Tamedia ait pu à la fois minimiser ses pertes en amont et bénéficier d’un traitement différencié, plus favorable que celui des autres éditeurs dans le cadre de la masse en faillite. Or, les documents que nous avons pu consulter indiquent que cet accord de 2016 ne comportait pas la clause de cession de créance (Sicherungzession). Celle-ci aurait été ajoutée le 16 janvier 2018 dans l’annexe 6 du Rahmenvertrag conclu entre Tamedia et Publicitas. Confirmez-vous les déclarations de M. Zimmer à l’ATS?

4 questions liées au conflit social Le Matin

  1. Dans la soirée du 4 juillet 2018, vous avez rencontré Madame Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’État vaudois, en marge du Montreux Jazz Festival. Cette rencontre vous a conduit à accepter le principe d’une médiation entre le personnel du Matin, alors en grève, et la direction de Tamedia. Par une lettre signée Serge Reymond, Tamedia renonce ensuite à cette médiation, sans remercier le Conseil d’État, lequel ira jusqu’à affirmer que Tamedia s’est servi des autorités pour mettre fin à la grève. Rétrospectivement, comment appréciez-vous l’attitude de Tamedia durant ce processus? Avez-vous des regrets?

  2. Est-il exact que Pierre Ruetschi, alors rédacteur en chef de la Tribune de Genève, a été congédié par Tamedia en raison de son refus de fournir les noms des grévistes au sein de sa rédaction?

  3. Le litige opposant la rédaction du Matin à Tamedia a duré près de deux ans et s’est soldé par une décision du tribunal arbitral, concédant au personnel licencié des conditions plus avantageuses que celles que vous proposiez. Quelles leçons en tirez-vous au regard d’éventuels licenciements collectifs dans le futur?

  4. Le départ de Serge Reymond de Tamedia est-il lié à sa gestion du conflit social Le Matin?

Tableau de bord climat

Un suivi interactif des grands indicateurs du dérèglement climatique et de ses solutions.