Le volcan au bout de la nuit

Italie, novembre, quelques semaines après l’éruption, Nora, Vasko et Alix, malade, débarquent enfin à Naples, dévastée.

Tous les plans d’évacuation modernes de la ville de Naples reposent sur une erreur. Il faut dire que depuis des millénaires, le danger vient du Vésuve. D’après l’Institut national de géophysique et de volcanologie, les signes précurseurs d’une éruption sont identifiables plusieurs jours à l’avance. La population peut quitter les zones de danger dans les 72 heures, 500 bus et 220 trains permettent de les déplacer en toute sécurité. Dans la «zona rossa», celle qui se trouve directement sur les flancs du vieux volcan où résident 700’000 personnes, on vit avec les consignes d’évacuation punaisées derrière la porte d’entrée. On s’est forgé une véritable mentalité de trompe-la-mort, propre aux mégapoles bâties sur des lignes de faille – San Francisco, Istanbul, Tokyo. On est peut-être plus fier ici qu’ailleurs. Ailleurs, ils s’ennuient ferme à force d’oublier qu’ils vont mourir.

La violence de l’éruption des Champs Phlégréens, situés de l’autre côté de la ville, les a pris par surprise. Ce 18 octobre, il n’a fallu que quelques heures au nouveau volcan pour recouvrir la région sous plusieurs mètres de matière en fusion. C’est simple: rassemblez les dix éruptions les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité –du Tambora au Krakatoa, en passant par la Montagne Pelée, Santorin, Laki–, additionnez les victimes et vous n’atteindrez même pas la moitié des gens morts à Naples ce jour-là et les suivants.

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